Pythagore (-580 -497) signifie littéralement "celui qui a été annoncé par la Pythie". La légende rapporte en effet que la venue sur terre de Pythagore aurrait été annoncé par l'oracle de Delphes (annonciation de Pythagore).
Les oracles constituent un aspect fondamental de la religion et de la culture grecques. L'oracle est la réponse donnée par un dieu que l'on a consulté à une question. La réponse donnée par le Dieu était appelée "khrêsmós", c'est à dire « le fait d'informer ». Mais cette réponse pouvait-être subtile, "sybilline" et l'on désignait les intreprêtes du "khrêsmos" par le nom de "prophêtês", c'est à dire "qui parle à la place du dieu" ou mieux encore, de "khrêstếrion", pour ceux qui fournissaient à la fois la parole divine (l'oracle) et son interprétation (son intelligibilité).
Les sages de Delphes étaient particulièrement reconnus et l'oracle de Delphes (la Pythie) est resté très consulté jusqu'au IIe siècle av. J.-C. La connaissance de la Pythie était de nature initiaque et secrète : on a souvent accusé (à raison) l'oracle de Delphes d'être très méfiant vis à vis de la démocaratie athènienne et de promouvoir une vision aristocratique de l'organisation sociale. C'est ainsi qu'on a dit de la Pythie qu'elle pouvait "mêdiser" c'est à dire de « parler en faveur des Mèdes » ou "lacôniser" c'est-à-dire de « parler en faveur de Lacédémone » (autre nom de Sparte). Outre le cas de Pythagore, la tradition rapporte également que c'est l'oracle qui a poussé Socrate à enseigner.
Mais d'où venait la connaissance "divine" de l'oracle de Delphes ? Peut-on faire le lien avec les religions abrahamiques au-delà de quelques rapprochements terminologiques ? Vous avez compris que pour moi la réponse est positive et ce pour différentes raisons qu'il convient d'évoquer sans doute trop brièvement.
Tout d'abord nous rappelerons que pour accueillir la connaissance divine (la "pneuma", le "souffle" divin), la Pythie devait-être vierge et pure. La Pythie se tenait sur un trépieds (cosubstantialité) dans le centre du temple, "l'adyton", c'est à dire le « lieu dans lequel on ne peut entrer » (équivalent grec du "Débir", le Saint des Saints, du Temple de Salomon qui signifie "la parole"). Sur beaucoup de représentation, le trépieds de la Pythie est décoré de sceaux qui rappellent le chrisme. On sait également que l'origine des oracles est à rechercher en Asie mineure (VIIIème siècle av. JC), berceau culturel identique des civilisations sumériennes et mésopotamiennes et par conséquent des religions abrahamiques.Delphes était, selon la mythologie grecque, le centre du monde. Aussi, l'« omphalos » (littéralement le « nombril ») y était-il représenté par une pierre de forme conique, directement placée dans l'adyton, entourée de tissu et surmontée de deux aigles en or. La mythologie rapporte que Zeus avait fait partir deux aigles, chacun d’un côté du disque terrestre et ces oiseaux de proie s'étaient rencontrés au centre du monde. Au point où ils se rencontrèrent, Zeus aurait laissé tomber l'omphalos, marquant ainsi le centre, le « nombril du monde ».
On retrouve des omphalos en Egypte (comme par exemple la pierre Benben du temple solaire d'Héliopolis, ancètre des obélisques), mais aussi, bien entendu, dans l'Islam avec la Pierre noire enchâssée dans un cadre en argent à l'un des angles de la Ka'ba. La Ka'ba (transcription de l’arabe الكعبة signifiant "le cube") représente le lieu vers lequel se dirige la prière et qui a ainsi remplacé Jérusalem vers laquelle les disciples du prophète se tournaient initialement. Le Coran dit que c'est le prophète Ibrahim (Abraham) qui a construit la Ka'ba avec l'aide de son fils Ismaël. En terme de symbolique, précisons que les pèlerins effectuent sept tours du tawaf (circumambulation).Il faut également souligner l'importance de ce "nombril du monde", dans le songe de Jacob à Béthel : celui-ci, endormi sur une pierre, rêve d'une échelle dressée vers le ciel et parcourue par des anges (la tradition rapporte que l'échelle avait 72 barraux), quand Dieu lui apparaît et lui donne en possession la pierre en question. Jacob comprend alors que la pierre est la porte vers la connaissance divine et il va alors redresser la pierre et la nommer : Béthel (Beth : maison, El : divinité ⇒ « maison de Dieu »).
Il faut rappeler que le village de Béthel a initialement accuillie l'Arche d'alliance à l'époque des Juges d'Israël (-1150 -1130) et que le village restera l'un des principaux sanctuaires du royaume d'Israël. Le roi David fit transférer l'Arche à Jérusalem et c'est son fils, le roi Salomon (-972 -933), qui fera construire pour elle le Temple. Cependant, le schisme de -933, sous la conduite de Jeroboam I, divisera de nouveau les 2 royaumes : celui de Juda et au nord, celui d'Israel (royaume de Samarie). Le royaume d'Israel sera accusé par la suite d'avoir abandonné la loi de Moïse et d'être tombée dans l'idolâtrie, ce qui ne semble pas fondé. Cependant, le pays est envahi par les assyriens en -722, et sa population est partiellement déportée vers d'autres régions de l'empire assyrien. Il faut certainement voir dans cet épisode les "10 tribus perdues d'Israël" (ce qui est largement symbolique là encore selon nous).
L'importance néotestamentaire de Béthel est également a souligner car Luc affirme que Béthel est le village Oulammaus où Jésus serait apparu pour la première fois après sa résurrection. Or il s'agit là de l'ancien nom de Béthel (village de Louz nommé Oulammaus en Gn 28:19). Sur ce point, le codex Bezae confirme qu'Emmaüs est bien Oulammaus (le Béthel de Jacob).
De même, on peut douter que Jésus soit né à Betléem en Judée compte tenue des contradiction entre Mathieu et Luc qui sont les deux seuls évangellistes cannoniques à évoquer celà (car Béthléem est la ville de David). Il est fort probable que Jésus soit né (où caché par ces parents adoptifs) près (où dans) la ville la plus importante de Galillée, en l'espèce Tzippori. Ne s'agirait-il donc pas plûtot du Béthel de Jacob, là où Jésus est ressucité et là où la connaissance cachée à été transmise ?
On peut également faire le rapprochement de l'Omphalos avec l'arche d'alliance, les aigles étant alors représentés sous la forme de chérubins, transcription de l'hébreux Keruïm (כרובם), mot d'origine assyrienne dont la signification est très proche du "khrêsmós" grec ("celui qui parle, qui transmet un message divin"). En Assyrie, le taureau ailé au seuil des temples était nommé kéroub » était souvent placé au seuil des temples et des palais.
Mais les keruïm hébreux peuvent aussi être rapprochés des Griffons égyptiens (signifiant littéralement annimal fabuleux) : créatures ayant une tête d'aigle et au corps de lion pourvu d'une paire d'ailes.
Il n'est pas sans intérêt de rappeller que plus tard chez les Grecs, les Griffons gardaient le trésor d'Apollon dans les terres des Hyperboréens. Ils s'opposaient ansi aux Arimaspes, peuple d'archers cavaliers à l'œil unique (comme le cyclope ou la méduse, la flêche devant atteindre le centre comme l'unicorne de la Licorne). Les Arimaspes étaient des cavaliers et comme les hébreux et leur chameau (gimel), ils cherchaient à atteindre le centre, l'or (alchimique) d'Apollon.
Dans son Prométhée Enchaîné, Eschyle décrit les Griffons comme « les chiens muets de Zeus, aux museaux aigus ». Le titan Prométhée recommandera à Io de se méfier aussi bien les Griffons (le centre du cercle ?) que des Arimaspes (le centre du carré ?).
Sans reprendre toute la mythologie de Io , il nous apparait important de souligner que Io était la maîtresse de Zeus et que celui-ci fut obligé de la transformer en génisse d'une éclatante blancheur afin que son épouse, Héra, ne soupçonnât pas son infidélité. Zeus, le cercle solaire, connaissait fréquemment et "bibliquement" Io en se changeant en taureau (le carré à quatre "pattes" et aux 2 cornes "diagonales"). Io fut confiée par Héra à la garde d'Argos qui était un parent de la jeune femme et qui avait la particularité d'avoir cent yeux, dont seulement cinquante se fermaient pendant qu'il dormait (1/2). En fait, le nombre d'œil n'était pas bien fixé pas bien fixé ce qui lui conférait une force force prodigieuse qui lui avait permis de délivrer l'Arcadie d'un taureau sauvage. Zeus fit libérer Io par Hermès qui réussi à tuer Argos (Héra rendit honneur au fidèle Argos en transférant ses yeux sur les plumes de son animal préféré, le paon). Réfugiée en Egypte (où elle sera finalement assimilée à Isis), Io enfenta Epaphos (né du "touché subtil" de la main de Zeus, comme l'onction divine) sur les bords du Nil (Moïse ?). On n'évoquera pas la querelle entre Epaphos avec Phaéton et l'incapacité de se dernier à maîtriser les 2 chevaux de son char "solaire", les 2 centres (comme le roi Salomon -SM- sur la 7ème carte du tarot de Marseille). On rappelera cependant qu'il fut l'ancètre des Danaïdes.
Danaos le père, des danaïdes avait appris de l'oracle que ses neveux turaient ses filles après les noces (contre nature entre les 2 centres) organisées pour des questions de succession. Dès lors, il avait demander à ses filles de cacher dans leurs cheveux une grande épingle dont elles se serviraient pour percer le cœur de leurs maris dès qu’ils dormiraient. Les Danaïdes seront jugées et condamnées à remplir éternellement des jarres percées (tonneau des Danaïdes).
Le Griffon donnera également en Egypte le Sphinx (mi-Lion, mi-Pharaon), mot grec dérivant certainement du sanskrit sthag signifiant « dissimulé ». Le lion est le symbole de Rê, le dieu du disque solaire dans la mythologie égyptienne (que l'on peut mutatis mutandis comparer à Zeus) et celui-ci est représenté avec une tête de faucon sur laquelle est posée le disque solaire protégé par le cobra dressé.
Pour revenir à la Pythie, nous rappelerons que dans la mythologie grecque, Python, est un serpent monstrueux, fils de Gaïa (la Terre), et donc une divinité chtonienne (qui va dans les profondeur de la terre, en son centre pour revenir avec la connaissance divine). Il veillait sur l'oracle de Delphes, consacré primitivement à Thémis. Apollon le perça de ses traits (comme la Sainte Lance), se rendant ainsi maître de l'oracle, depuis nommé « Pythie ». Thémis signifie "la loi divine" et c'est cette divinité (la balance de la justice) qui révèla à Pyrrha et à Deucalion le moyen de repeupler la terre après le Déluge. Le Déluge grec est très similaire au déluge biblique inspiré des traditions mésopotamiennes et déjà décrit dans le Poème du Supersage datant du XVIIe siècle av. J.-C reprises au XIIe siècle av. J.-C. dans la version assyro-babylonienne de l'Épopée de Gilgamesh. C'est en fait Hermès, le messager des dieux, celui-qui sépare les 2 serpents avec son baton, l'inventeur des poids et des mesures (l'un complétant l'autre), qui porta le message "hermétique" de Thémis.
Si à Delphes, la Pythie était considéré comme une "prophêtês" ou un "khrêstếrion", il existait également dans la tradition grecque des oracles nommées les Colombes qui pratiquaient la prise d'auspices, c'est à dire l'interprétation du vol des oiseaux. A l'époque classique, cette pratique était essentiellement pratiquée en Egypte et le Dieu invoqué était alors Amon (Imen c'est à dire "le Caché"). On nommait également Amon l'"Imen achâ renou" c'est à dire « Amon aux noms multiples » comme l'innefable YHWH (יהוה). Nous rappelerons qu'Alexandre le Grand se fit proclamer fils d'Ammon-Zeus en -331 à l'oasis de Siwa.
Nous soulignerons également que Jonas (en hébreu: yônah) signifie "colombe" surnommé par les musulmans Dhû-n-Nûn, l'homme à la baleine ou au gros poisson. Celà évoque donc le récit biblique qui a désobeit à Dieu et qui jeté à la mer par les marins l'accusant d'être responsable de la colère divine qui les frappait fut récupéré dans le ventre d'un grand poisson, (souvent vu comme une baleine) durant trois jours et trois nuits.
"Dieu a dit : Si seulement il y avait, à part le peuple de Yûnus (Jonas, une cité qui ait cru et à qui sa croyance eut ensuite profité ! Lorsqu’ils eurent cru, Nous leur enlevâmes le châtiment d’ignominie dans la vie présente et leur donnâmes jouissance pour un certain temps." (Sourate 10: Yoûnous; verset 98).
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