Per Me Reges Regnant

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Abstract :

Le roi Salomon et son architecte phénicien Abhiram voulant expliquer aux ouvriers comment construire le Temple qui devait recevoir la connaissance léguée par le scribe Ahmès (Moïse) composèrent un diagramme qui résumait à lui seul l'enseignement ultime.

Ce symbole, ce sceau, le pendule de Salomon, fut transmis à Pythagore qui l'assimilla à l'oracle de Delphes, le khrêsmós.

Yehoshua, adopté par les nazirites, voulu en restituer le vrai sens après la chute de la dynastie des Ptolémées, celle la même qui avait succédée à l'empire d'Alexandre.

Les premiers chrétiens firent du Chrisme un signe essentiel de la révellation et le pendule de Salomon sera présent sur l'étendard (labarum) de Constantin Ier accompagné de la sa célèbre devise : In hoc signo vinces (I.H.S).

Au centre des débats trinitaires du premier concile œcuménique qui se tint à Nicée en 325, son appropriation va être notamment en grande partie responsable de la fin tragique des écoles néo-platoniciennes d'Athènes et d'Alexandrie et de la destruction de la Grande Bibliothèque.

Enjeu de pouvoir, sa conservation sera d'abord assuré par les chrétiens accaciens et mozarabes avant d'être réceptionné de nouveau par l'empereur Charlemagne.

Sa transmission se fera alors alors de façon plus ou moins intègre et élitiste, dans le cadre initiatique du pélerinage de Saint Jacques de Compostelle, du compagnonnage, des ordres religieux militaires et hospitaliers et par la suite dans celui tout aussi élististe des organisations maçonniques et paramaçonniques.

La nature de cette connaissance ultime, loin de l'ésotérisme et du mysticisme, s'actualise aujourd'hui au centre de l'actualité des sciences en restant la porte d'accès à la réalité et au sens des choses.

Sa confiscation a été à l'origine des plus grands drames du XXème siécle et explique aujourd'hui encore les plus grands maux de notre civilisation.

Notre seul objectif est de restituer ce patrimoine commun de l'Humanité.

1 mars 2010

Le khrêsmos de Delphes

Pythagore (-580 -497) signifie littéralement "celui qui a été annoncé par la Pythie". La légende rapporte en effet que la venue sur terre de Pythagore aurrait été annoncé par l'oracle de Delphes (annonciation de Pythagore).

Les oracles constituent un aspect fondamental de la religion et de la culture grecques. L'oracle est la réponse donnée par un dieu que l'on a consulté à une question. La réponse donnée par le Dieu était appelée "khrêsmós",  c'est à dire « le fait d'informer ». Mais cette réponse pouvait-être subtile, "sybilline" et l'on désignait les intreprêtes du "khrêsmos" par le nom de "prophêtês", c'est à dire "qui parle à la place du dieu" ou mieux encore,  de "khrêstếrion", pour ceux qui fournissaient à la fois la parole divine (l'oracle) et son interprétation (son intelligibilité).

Les sages de Delphes étaient particulièrement reconnus et l'oracle de Delphes (la Pythie) est resté très consulté jusqu'au IIe siècle av. J.-C. La  connaissance de la Pythie était de nature initiaque et secrète : on a souvent accusé (à raison) l'oracle de Delphes d'être très méfiant vis à vis de la démocaratie athènienne et de promouvoir une vision aristocratique de l'organisation sociale.  C'est ainsi qu'on a dit de la Pythie qu'elle pouvait "mêdiser" c'est à dire de « parler en faveur des Mèdes » ou "lacôniser" c'est-à-dire de « parler en faveur de Lacédémone » (autre nom de Sparte). Outre le cas  de Pythagore, la tradition rapporte également que c'est l'oracle qui a poussé Socrate à enseigner.

Mais d'où venait la connaissance "divine" de l'oracle de Delphes ? Peut-on faire le lien avec les religions abrahamiques au-delà de quelques rapprochements terminologiques ? Vous avez compris que pour moi la réponse est positive et ce pour différentes raisons qu'il convient d'évoquer sans doute trop brièvement.

Tout d'abord nous rappelerons que pour accueillir la connaissance divine (la "pneuma", le "souffle" divin), la Pythie devait-être vierge et pure. La Pythie se tenait sur un trépieds (cosubstantialité) dans le centre du temple, "l'adyton", c'est à dire le « lieu dans lequel on ne peut entrer » (équivalent grec du "Débir", le Saint des Saints, du Temple de Salomon qui signifie "la parole"). Sur beaucoup de représentation, le trépieds de la Pythie est décoré de sceaux qui rappellent le chrisme. On sait également que l'origine des oracles est à rechercher en Asie mineure (VIIIème siècle av. JC), berceau culturel identique des civilisations sumériennes et mésopotamiennes et par conséquent des religions abrahamiques.
Delphes était, selon la mythologie grecque, le centre du monde. Aussi, l'« omphalos » (littéralement le « nombril ») y était-il représenté par une pierre de forme conique, directement placée dans l'adyton, entourée de tissu et surmontée de deux aigles en or. La mythologie rapporte que Zeus avait fait partir deux aigles, chacun d’un côté du disque terrestre et ces oiseaux de proie s'étaient rencontrés au centre du monde. Au point où ils se rencontrèrent, Zeus aurait laissé tomber l'omphalos, marquant ainsi le centre, le « nombril du monde ». 

On retrouve des omphalos en Egypte (comme par exemple la pierre Benben du temple solaire d'Héliopolis, ancètre des obélisques), mais aussi, bien entendu, dans l'Islam avec la Pierre noire enchâssée dans un cadre en argent à l'un des angles de la Ka'ba. La  Ka'ba (transcription de l’arabe الكعبة  signifiant "le cube") représente le lieu vers lequel se dirige la prière et qui a ainsi remplacé Jérusalem vers laquelle les disciples du prophète se tournaient initialement.  Le Coran dit que c'est le prophète Ibrahim (Abraham) qui a construit la Ka'ba avec l'aide de son fils Ismaël. En terme de symbolique, précisons que les pèlerins effectuent sept tours du tawaf (circumambulation).
Il faut également souligner l'importance de ce "nombril du monde", dans le songe de Jacob à Béthel : celui-ci, endormi sur une pierre, rêve d'une échelle dressée vers le ciel et parcourue par des anges (la tradition rapporte que l'échelle avait 72 barraux), quand Dieu lui apparaît et lui donne en possession la pierre en question. Jacob comprend alors que la pierre est la porte vers la connaissance divine et il va alors redresser la pierre et la nommer : Béthel (Beth : maison, El : divinité ⇒ « maison de Dieu »).

Il faut rappeler que le village de Béthel a initialement accuillie l'Arche d'alliance à l'époque des Juges d'Israël (-1150 -1130) et que le village restera l'un des principaux sanctuaires du royaume d'Israël. Le roi David fit transférer l'Arche à Jérusalem et c'est son fils, le roi Salomon (-972  -933), qui fera construire pour elle le Temple. Cependant, le schisme de -933, sous la conduite de Jeroboam I, divisera de nouveau les 2 royaumes : celui de Juda et au nord, celui d'Israel (royaume de Samarie). Le royaume d'Israel sera accusé par la suite d'avoir abandonné la loi de Moïse et d'être tombée dans l'idolâtrie, ce qui ne semble pas fondé. Cependant, le pays est envahi par les assyriens en -722, et sa population est partiellement déportée vers d'autres régions de l'empire assyrien. Il faut certainement voir dans cet épisode les "10 tribus perdues d'Israël" (ce qui est largement symbolique là encore selon nous).

L'importance néotestamentaire de Béthel est également a souligner car Luc  affirme que Béthel est le village Oulammaus où Jésus serait apparu pour la première fois après sa résurrection. Or il s'agit là de l'ancien nom de Béthel (village de Louz nommé Oulammaus en Gn 28:19). Sur ce point, le codex Bezae confirme qu'Emmaüs est bien Oulammaus (le Béthel de Jacob).

De même, on peut douter que Jésus soit né à Betléem en Judée compte tenue des contradiction entre Mathieu et Luc qui sont les deux seuls évangellistes cannoniques à évoquer celà (car Béthléem est la ville de David). Il est fort probable que Jésus soit né (où caché par ces parents adoptifs)  près (où dans) la ville la plus importante de Galillée, en l'espèce Tzippori. Ne s'agirait-il donc pas plûtot du Béthel de Jacob, là où Jésus est ressucité et là où la connaissance cachée à été transmise ?


On peut également faire le rapprochement de l'Omphalos avec l'arche d'alliance, les aigles étant alors représentés sous la forme de chérubins, transcription de l'hébreux Keruïm  (כרובם), mot d'origine assyrienne dont la signification est très proche du "khrêsmós" grec ("celui qui parle, qui transmet un message divin"). En Assyrie, le taureau ailé au seuil des temples était nommé  kéroub » était souvent placé au seuil des temples et des palais.

Mais les keruïm hébreux peuvent aussi être rapprochés des Griffons égyptiens (signifiant littéralement annimal fabuleux) : créatures ayant une tête d'aigle et au corps de lion pourvu d'une paire d'ailes.

Il n'est pas sans intérêt de rappeller que plus tard chez les Grecs, les Griffons gardaient le trésor d'Apollon dans les terres des Hyperboréens. Ils s'opposaient ansi aux Arimaspes, peuple d'archers cavaliers à l'œil unique (comme le cyclope ou la méduse, la flêche devant atteindre le centre comme l'unicorne de la Licorne). Les Arimaspes étaient des cavaliers et comme les hébreux et leur chameau (gimel), ils cherchaient à atteindre le centre, l'or (alchimique) d'Apollon.

Dans son Prométhée Enchaîné, Eschyle décrit les Griffons comme « les chiens muets de Zeus, aux museaux aigus ». Le titan Prométhée recommandera à Io de se méfier aussi bien les Griffons (le centre du cercle ?) que des Arimaspes (le centre du carré ?).

Sans reprendre toute la mythologie de Io , il nous apparait important de souligner que Io était la maîtresse de Zeus et que celui-ci fut obligé de la transformer en génisse d'une éclatante blancheur afin que son épouse, Héra, ne soupçonnât pas son infidélité. Zeus, le cercle solaire,  connaissait fréquemment et "bibliquement" Io en se changeant en taureau (le carré à quatre "pattes" et aux 2 cornes "diagonales"). Io fut confiée par Héra à la garde d'Argos qui était un parent de la jeune femme et qui avait la particularité d'avoir cent yeux, dont seulement cinquante se fermaient pendant qu'il dormait (1/2). En fait, le nombre d'œil n'était pas bien fixé pas bien fixé ce qui lui conférait une force force prodigieuse qui lui avait permis de délivrer l'Arcadie d'un taureau sauvage. Zeus fit libérer Io par Hermès qui réussi à tuer Argos (Héra rendit honneur au fidèle Argos en transférant ses yeux sur les plumes de son animal préféré, le paon).  Réfugiée en Egypte (où elle sera finalement assimilée à Isis), Io enfenta Epaphos (né du "touché subtil" de la main de Zeus, comme l'onction divine) sur les bords du Nil (Moïse ?). On n'évoquera pas la querelle entre Epaphos avec Phaéton et l'incapacité de se dernier à maîtriser les 2 chevaux de son char "solaire", les 2 centres (comme le roi Salomon -SM- sur la 7ème carte du tarot de Marseille). On rappelera cependant qu'il fut l'ancètre des Danaïdes.

Danaos le père, des danaïdes avait appris de l'oracle que ses neveux turaient ses filles après les noces (contre nature entre les 2 centres) organisées pour des questions de succession. Dès lors, il avait demander à ses filles de cacher dans leurs cheveux une grande épingle dont elles se serviraient pour percer le cœur de leurs maris dès qu’ils dormiraient. Les Danaïdes seront jugées et condamnées à remplir éternellement des jarres percées (tonneau des Danaïdes).
 
Le Griffon donnera également en Egypte le Sphinx (mi-Lion, mi-Pharaon), mot grec dérivant certainement du sanskrit sthag signifiant « dissimulé ». Le lion est le symbole de Rê, le dieu du disque solaire dans la mythologie égyptienne (que l'on peut mutatis mutandis comparer à Zeus) et celui-ci est représenté avec une tête de faucon sur laquelle est posée le disque solaire protégé par le cobra dressé.

Pour revenir à la Pythie, nous rappelerons que dans la mythologie grecque, Python, est un serpent monstrueux, fils de Gaïa (la Terre),  et donc une divinité chtonienne (qui va dans les profondeur de la terre, en son centre pour revenir avec la connaissance divine). Il veillait sur l'oracle de Delphes, consacré primitivement à Thémis. Apollon le perça de ses traits (comme la Sainte Lance), se rendant ainsi maître de l'oracle, depuis nommé « Pythie ». Thémis signifie "la loi divine" et c'est cette divinité (la balance de la justice) qui  révèla à Pyrrha et à Deucalion le moyen de repeupler la terre après le Déluge. Le Déluge grec est très similaire au déluge biblique inspiré des traditions mésopotamiennes et déjà décrit dans le Poème du Supersage datant du XVIIe siècle av. J.-C reprises au XIIe siècle av. J.-C. dans la version assyro-babylonienne de l'Épopée de Gilgamesh. C'est en fait Hermès, le messager des dieux, celui-qui sépare les 2 serpents avec son baton, l'inventeur des poids et des mesures (l'un complétant l'autre), qui porta le message "hermétique" de Thémis.
Si à Delphes, la Pythie était considéré comme une "prophêtês" ou un "khrêstếrion", il existait également dans la tradition grecque des oracles nommées les Colombes qui pratiquaient la prise d'auspices, c'est à dire l'interprétation du vol des oiseaux. A l'époque classique, cette pratique était essentiellement pratiquée en Egypte et le Dieu invoqué était alors Amon (Imen c'est à dire "le Caché"). On nommait également Amon l'"Imen achâ renou" c'est à dire « Amon aux noms multiples » comme l'innefable YHWH (יהוה). Nous rappelerons qu'Alexandre le Grand se fit proclamer fils d'Ammon-Zeus en -331 à l'oasis de Siwa.

Nous soulignerons également que Jonas (en hébreu: yônah) signifie "colombe" surnommé par les musulmans Dhû-n-Nûn, l'homme à la baleine ou au gros poisson. Celà évoque donc le récit biblique qui a désobeit à Dieu et qui jeté à la mer par les marins l'accusant d'être responsable de la colère divine qui les frappait fut récupéré dans le ventre d'un grand poisson, (souvent vu comme une baleine) durant trois jours et trois nuits.

"Dieu a dit : Si seulement il y avait, à part le peuple de Yûnus (Jonas, une cité qui ait cru et à qui sa croyance eut ensuite profité ! Lorsqu’ils eurent cru, Nous leur enlevâmes le châtiment d’ignominie dans la vie présente et leur donnâmes jouissance pour un certain temps." (Sourate 10: Yoûnous; verset 98).




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15 janv. 2010

La Sainte Lance ou le secret de la parfaite maîtrise.

« Si veritas a perito lectore nostris voluminibus
requiratur, in hujus codicis serie, amputato esitationis scrupulo, secure
intelligatur. Que enim in eo scribuntur, multi adhuc viventes vera esse
testantur ».


« Si le lecteur instruit recherche la vérité dans
nos ouvrages, qu'il aborde ce livre sans hésitation ni scrupule, il est assuré
de l'y trouver, car le témoignage de bien des gens encore vivants atteste que ce
qui y est écrit est vrai »


Liber Sancti Jacobi – V livre – XIIème siécle


Le roi Salomon, le Trois Fois Puissant Maître, avait placé la clé d'ivoire au panneton frappé d'un Z, sur la première page du livre des Rois. Un ami, franc-maçon, m'avait déjà instruit de cette clé qui devait ouvrir le livre de la vie. Elle devait un jour me permettre de déverrouiller la serrure que de la papesse, la seconde carte du Tarot, celle qui arborait le livre de chair au sein de son giron.

Un demi de tour à droite ou à gauche suffit pour transformer alors le TAROT en TORAT Le problème est que ce palindromme est inextricable. C'est comme pour la somme 9801 + 1089 = 10890 : le zéro du résultat doit-il être placé à la droite du 9 ou à la gauche du 1 ? Si l'on acquiert la maîtrise de l'ordinalité et de la cardinalité alors on obtient la parfaite maîtrise. Clic-clac ! Déverrouillée la Torah, la loi révellée au scribe Moïse dans le désert du Sinaî...

Salomon se tenait à l'orient et était assisté pour le rituel d'Adoniram, le Premier Maître Secret, l'ancien inspecteur du Premier Maître Hiram-Abif, l'architecte phénicien du Temple.

Adoniram surveillait le rituel, car depuis l'assassinat d'Hiram-Abif par Trois Mauvais Compagnons les mots avaient été substitués : le silence n'était plus celui du profane ou de l'apprenti, mais bien celui de la maîtrise : un silence qu'il convenait de remplir par la maîtrise secrête, le 4 grades de la franc-maçonnerie, premier haut-grade du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Le Premier d'entre les maîtres, primus inter pares, s'était retiré et après la maîtrise des outils, il fallait maîtriser le Verbe, incarner la Parole Perdue d'Hiram-Abif. En effet, rien ne sert d'avoir un espace de liberté nouveau sans savoir avec quoi le remplir...

Nous étions à l'intérieur du temple, le Hekal, délimité par 16 colonnes, décoré pour l'occasion de tentures noires parsemées de larmes d'argent groupées par 9 en signe de deuil.

La partie la plus centrale du Temple, le Saint des Saints, le débir (en hébreu : דביר), était délimité par des balustrades. A son entrée un voile noir et transparent était tendu. Cela rappelait le « second voile » de l'ancien tabernacle, la Tente de Rencontre (en hébreu : אוהל מועד) des premiers hébreux, tente avec des piquet en bois d'acacia comme le buisson ardent...

Le temple lui était essentiellement fait de cèdres du Liban comme l'arche construite par Noé. C'est là, dans le débir, que devait se placer selon le livre de l'Exode, l'Arche de l'alliance, réceptacle ultime de la loi divine révélée à Moïse dans le Sinaï. Elle aussi était en bois d'accacia.

En lieu et place de l'arche se trouvait en l'état le trône, la demeure terrestre, la mishkan (en hébreu : משכן) de l'imprononçable YHWH entendu de Moïse.

A l'orient du Temple, on avait placé pour le rituel un grand cercle d'or, un cercle solaire, à l'intérieur duquel se trouvait un triangle isocèle de couleur sang. Il manquait un second triangle pour retrouver le sceau de Salomon. La mort d'Hiram-Abif avait cependant laissée au YHWH centre du Triangle de sang l'étoile flamboyante à 5 branches frappée de la lettre G, le G du Géométre, de la Gnose, du Gnomon et du Grand Architecte de L'Univers (G.A.D.L.U).




Le compas et l'équerre symboles des francs-maçons :

L'équerre désigne l'incommensurabilité de la diagonale du carré avec le coté (la racine de 2 est un nombre irrationnel 1,4142...) et le compas l'incommensurabilité de la circonférence du cercle et du diamètre (le nombre Pi est un nombre irrationnel 3,1415...). "Voir la quadrature du cercle", c'est comprendre que Pi est un irrationnel d'un autre type que la racine de 2, un irrationnel non-algébrique, un nombre transcendant. Le G vient compléter l'incompletude et donc réaliser la quadrature !




Pénétrer enfin dans le Débir en accédant aux hauts-grades après 3 ans de petite maîtrise en loge bleue. Dans le vrai temple, seul le Kohen Gadol y avait accès, une fois par an, à l'occasion de la fête de Kippour.

Salomon : « Adoniram, êtes-vous Maître Secret ? »

Adoniram : « Trois Fois Puissant, j’ai passé de l'Equerre au Compas, j’ai vu le tombeau vide du Maitre Hiram Abif et j’ai versé avec mes frères et le plus sage, le plus puissant des rois, des larmes sur celui-ci »

Salomon : « Quelle heure est-il ? »

Adoniram : « L’éclat du jour a chassé les ténèbres et la grande lumière commence à paraître dans cette Loge ».

Salomon : « Puisque la grande lumière paraît dans cette Loge et que nous sommes Maitres Secrets, il est temps de commencer notre ouvrage; avertissez que je vais ouvrir la Loge »

Après une batterie de 7 et le signe du silence, la Loge était ouverte par le Trois Fois Puissant Maître. Puis Adoniram avait fait son rapport sur les mérites du récipiendaire avant son introduction dans la loge de perfection.


Un voile noir couvre sa tête et sur le front, une équerre d'argent. La corde qu'il porte au cou est une corde à nœuds : il se souvient alors des temps profane, le jour de son entrée en maçonnerie où la corde au cou, un bandeau sur les yeux, il était passé par la porte étroite : le chameau souhaitant passer par le chas de l'aiguille... Le jour de la maîtrise il avait été relevé par les 5 points comme un "pendu dépendu", comme celui de Compostelle : il avais entendu le chant du coq aperçu dans le cabinet de réflexion où, encore profane, il avait rédigé son testament philosophique. Arrêter le sablier, qui ne l'a jamais souhaité...



Le cabinet de réflexion :


On y trouve le fameux VITRIOL hermétique, Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem soit Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. Trouver le centre réel grâce à la persévérance mais également la vigilance qui permettra de rectifier les apparences. Séparer l'ame (soufre) de la matière (sel) pour y trouver l'esprit (mercure). La lumière du jour (la pierre philosophale) pourra apparaitre alors dans la loge, après la purification des trois constituants, le coq chantera sa venu et le sablier sera arrété (la faux n'est-elle pas le Zayin du pendule de Salomon ?).

La division du pain et le vin, permettant de remplir les 2 Graal (les colonnes Salomoniques ?) : on trouve le soufre alchimique à gauche et le sel à droite Le Mercure est le lien qui permet de relier le Soufre au Sel dans le Magnum opus, le Grande œuvre ou Art royal.

Il convient de rappeller que l'alchimie occidentale trouve ses origines dans l'Égypte hellénistique des Ptolémées entre -100 (avec Bolos de Mendès) et 300 (avec Zosime de Panopolis).




Salomon : « Vous n’avez vu, jusqu’ici que le mur épais qui couvre le Saint des Saints du Temple; votre fidélité, votre zèle et votre constance vous ont mérité la faveur que je vous accorde en ce moment. Je vais vous montrer un trésor; je vais vous introduire dans le lieu du Saint des Saints »

Là est le serment des maçons et des Maîtres-secrets et notamment, celui désormais vide de sens, de ne jamais s’entretenir de maçonnerie qu’avec ceux qui ont été régulièrement reçu. Mais le risque est grand : il faut être certain de ses motivations. Le profane peut-être élu : par la suite le risque d'oublier que le corps du Christ n'a pas été livré que pour quelques uns est trop important pour être écarté en quelques heures de réflexion.

Comme le disent les Bouddhistes, le plus grand des dons est le don du Dharma et c'est pourquoi Moïse a institué la birkat ha-zan (en hébreu ברכת המזון), la bénédiction de "Celui qui nourrit". La connaissance ultime est libre de droits : après la fraction du pain, l'espace de liberté nouvellement dégagé peut être rempli de la Manne qui la veille du sabbat tombe en quantité double (la traduction de le'hem par "pain" est en effet un peu rapide).


Salomon : « Mon Cher Frère, je vous reçois Maître Secret ; je vous mets au rang des Lévites... ».
Désormais, la clef d’ivoire était suspendue par un ruban bordé de noir au cou du nouveau Maître secret. Le mot de passe m'avait été donné : ZIZON comme la balustre, la planche à tracer, le Z de la clé d'ivoire. Puis l'instruction s'était poursuivie avant l'entrée dans le Débir et l'interrogatoire du Trois Fois Puissant Maître.

La Balustre ou ZIZON

La balustre est l'autre nom de la grenade. On affirme que les grenadiers poussaient déjà dans les jardins suspendus de Babylone. Signe de fertilité, la balustre était un des attrribus de Vénus-Aphrodite. On retrouve ce fruit sur les colones du temple de Salomon (d'où plus tard le mot balustrade).  Au-delà du symbole de la fertilité c'est le signe de la connaissance cachée, de l'imortalité. Le premier grenadier est censé avoir été planté par Vénus-Aphrodite et Hadès, le dieu des Enfers. Pour avoir consommé six grains de grenade, Perséphone sera destinée à rester six moix de l'année avec Hadès aux Enfers et six mois de l'année avec sa mère, Démeter.  Il y a lieu de faire un rapprochement avec le fruit défendu : les Romains, en effet, la connaissaient grâce aux Carthaginois d’où son nom latin de pomme punique (malum punicum). De même, Le cantique des cantiques établi la comparaison entre les seins d'une femme et le fruit du grenadier. On comprend donc le lien avec le lait de la Vierge évoquée précédemment. Par la suite on comprends mieux pourrquoi la grenade est le symbole de la passion du Christ.

Pour les francs-maçon, la balustre désigne la table à tracer (euclidienne mais suspendue !). Le nom de ZIZON est certainement à raprocher du ZIZ, le phénix des hébreux. On trouve comme pour le phénix des grenades ignée (INRI).

Salomon : « Avez-vous apperçu quelque chose en entrant dans le St des Saints ? »

Le Maître sercret : « Des marques évidentes de la présence de Dieu »

Salomon : « Avez-vous remarqué quelque chose de particulier ? »

Le Maître sercret : « J’ai aperçu un Triangle dans un grand cercle au centre duquel était une étoile flamboyante qui m’a ébloui avec un saint respect ».

Salomon : « Que signifie la lettre qui est au centre ? »

Le Maître sercret : « Quelque chose au-dessus des forces humaines que je ne puis prononcer : le grand et ineffable nom du Grand Architecte de L'Univers que Moïse avait entendu sur le Mont Sinaï et aussi neuf autres caractères, les neuf noms donnés à Moïse sur le mont Sinaï »

Le Maître sercret donnait alors le noms de ces "idéalités platoniciennes" provenant selon le rituel de « l’alphabet des anges » et de « l’arche cabalistique ».

Salomon : « Où était placé l’arche d’alliance ? »

Le Maître sercret : « Dans le milieu du Saint des Saints, sous l’étoile flamboyante ».

Salomon : « A quoi se réfèrent l’arche d’alliance et l’étoile flamboyante ? »

Le Maître sercret : « Comme l’arche d’alliance est le symbole de l’alliance que le G.A.D.L.U fit avec les hommes et qu’elle fut mise sous l’ombre des ailes des chérubins, de même le cercle d'or qui renferme le triangle de sang avec en son centre l’étoile flamboyante est l’emblème des es francs-maçons ».

Salomon : « De quelle forme était l’arche d’alliance ? »

Le Maître sercret : « Un carré-long »

Salomon : « Quel était le nom du Saint des Saints ? »

Le Maître sercret : : « Le débir, c'est-à-dire La parole, parce que le G.A.D.L.U y résidait »

Salomon : « Comment y accédait-on ? »

Le Maître sercret : « Par un escalier, en forme de vis, par lequel on montait par 3, 5, 7 marches... On l’appelait coquille parce qu’il avait-la forme d’un limaçon. Il n’y avait qu’une porte étroite à l'orient »

Salomon : « Quel âge avez-vous ? »

Le Maître sercret : « Neuf ans accomplis »

Adoniram avait alors annoncé que c'était la fin du jour et que Salomon allait fermer la Loge par « les nombres mystérieux ».

Voilà le rituel de la parfaite Maitrise : après avoir vu la quadrature en loge bleue, les hauts-grades doivent permettre de remplir l'espace de liberté de cette Manne, ce "sang royal" (le Saint Graal de la légende Arthurienne). Le Zayin de la clé d'ivoire, c'est la lance Koukouana d'Allan Quatermain (son nom est sans équivoque). Zayin, la 7ème lettre de l'alphabet hébraïque et phénicien, ignifie en effet la lance ou le javelot.
Cette lance, c'est celle de Longinus le centurion, qui a percé le flanc droit de Jésus et qui fît que que celui-ci devînt le Christ et sa passion une crucifixion en lieu et place de son supplice de crucifiement. C'est cette lance qui signe sa résurrection ou au moins témoigne de sa survie. Saint Jean est formel sur ce point et n'importe quel médecin légiste vous le confirmera !

Jésus n'eut pas les jambes brisées pour parachever son exécution. Quand le légionnaire Longinus lui perça le flanc avec sa lance, sa longin, il en sorti du sang et de la lymphe et il en conclu que le nazaréens était mort. Pour cette négligence, il sera sanctifié !

L'éponge imbibée de vinaigre et d'extrait d'hysope fera le reste. L'hysope est un tonifiant aux vertus expectorantes, antipyrétique, diaphorétique et antibiotiques. Le vinaigre quant à lui est un puissant antiseptique. On raconte qu'Antoine Maille réussit à stopper l'épidémie de la Grande Peste de 1720 à Marseille avec son « vinaigre des quatre voleurs ». Par la suite la Maison Maille va devenir le vinaigrier-distillateur officiel des majestés impériales d'Autriche et de Hongrie, du roi de France en 1769 et de Catherine II de Russie. On dit également qu'à la même époque à Paris, on utilisait aussi le vinaigre pour purifier l’eau de la Seine avant de la boire !


Sur une enluminure de l'évangéliaire syriaque de Rahula daté de 586, là où le nom de Longinus apparaît pour la première fois, on peut remarquer comment la Sainte Lance à droite et l'éponge imbibée de vinaigre au bout d'une branche d'hysope à gauche, forment une croix de Saint André. Avec un peu d'imagination, les montagnes de l'arrière plan venant renforcer l'effet, on reconnaît le symbole du Chrisme que l'on retrouve sur les sarcophages des premiers chrétiens. Le Christ est accompagné dans sa passion par les 2 larrons : Gestas et Dismas. Au pieds de la croix, 3 hommes : ne serait-ce pas les trois mauvais compagnons, les assassins d'Hiram abif ?


Pas besoin en effet de style pompeux ni de grand mots pour en faire un roman. Et même plusieurs !

Ainsi en est-il du roman des reliques de cette Sainte Lance. Ainsi, l'une d'entre elles servait lors du rituel de sacrement des empereurs su Saint Empire Romain Germanique et offrait, dit-on, à celui qui la détenait le pouvoir de régner sur le monde. Ce pouvoir était précisé dans la Chanson de Roland :
« Nous avons fort à dire sur la lance
Dont Notre Seigneur fut blessé sur la
Croix.
Charles, grâce à Dieu, en a la pointe.
Il l'a fait enchâsser dans
un pommeau d'or. ;
En raison de cet honneur et de cette grâce,
Le nom de
Joyeuse fut donné à l'épée.
Les barons français ne doivent pas l'oublier :
C'est de là que vient « Montjoie », leur cri de guerre ;
C'est pourquoi
aucun peuple ne peut leur résister. »

On a affirmée que l'épée qui servait également au sacre des rois de France était bien la fameuse Joyeuse de Charlemagne. En tout état de cause les Autrichiens ne prirent aucun risque et pour éviter que Bonaparte ne s'en empare en 1800, ils la confièrent au baron von Hügel pour la cachée sougnieusement à Vienne avec les autres regalia impériaux, les fameux Reichskleinodien.
Mais si Bonaparte ne s'emparra jamais de la Lance sanglante, Adolf Hitler n'attendit pas pour s'en emparer en 1938 après l’Anschluss. Le fuhrer connaissait les pouvoir supposé de la Lance, son compositeur fétiche, Richard Wagner, l'ayant placé, après le Liber Sancti Jacobi, la Chanson de Roland et Chrétien de Troyes, au coeur de son ultime opéra Parsifal.

14 août 2009

Le Chrisme, symbole des premiers chrétiens ?

C'est au British Museum de Londres que la conjecture affirmant que "le pendule de Salomon" est plus ancien que la vie du Christ lui même m'est apparue raisonnable.




Il s'agissait en fait d'une fresque provenant de la villa romaine de Lullingstone dans le Kent et qui peut-être datée du IVème siècle après Jésus Christ.




Je connaissais bien évidemment ce symbole depuis longtemps pour l'avoir vu sur le tympans des églises notamment dans le sud-ouest de la France et je connaissais déjà les traditions compagnonniques et maçonniques qui rapportent son antériorité au christianisme et qui font remonter son origine jusqu'au roi Salomon. Cependant, c'est là, à Londres, qu'un des éléments de ce symbole m'est apparu d'une évidente incongruitée.


Ce symbole que l'on connaît le plus souvent sous la dénomination de Chrisme et que l'on rattache habituellement aux premiers chrétiens est généralement décrit comme composé dans sa forme la plus simple des lettres grecques Χ (chi) et Ρ (rhô), la première apposée sur la seconde. On relève généralement qu'il s'agit là des deux premières lettres du mot Χριστός (Christ) et c'est pourquoi on désigne également le pendule de Salomon sous le nom de "monogramme du Christ". En général, on trouve également dans les versions épurées de ce symbole ce qu'on décrit comme étant un alpha à gauche et un oméga à droite et il est alors fait référence au texte de Apocalypse(1,8) :
"Je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et
qui vient, le Tout Puissant"

"Ego sum Alpha et Omega, principium et finis, dicit Dominus Deus, qui est et qui erat et qui venturus est Omnipotens"

Évoquer ainsi l'alpha et l'oméga serait donc une façon d'évoquer la toute puissance de Dieu, de souligner sa complétude.

Les premières apparitions de ce symbole ont certainement lieu sur les sarcophages paléochrétiens et dans l'art des catacombes à Rome. En effet, il convient d'exclure les représentations "approchantes" qui ne peuvent pas explicitement être qualifiées de Chrismes (roues, étoiles à 6 branches, dharmachakras...).



Pour les sarcophages paléochrétiens, il faut préciser que la pratique de l'inhumation ne se répend à Rome qu'à la fin du Ier siècle et surtout à compter du début IIème siècle à la suite de l'abandon progressif de l'incinération en faveur de l'inhumation. La pratique s'impose véritablement au IIIème siècle dans tout l'Empire, tout en restant cependant l'apanage des familles aisées.


L'apparition des premiers chrismes sur les sarcophages semble être concomitante avec celles des scènes à connotation biblique et la pratique va vraiment se développer à compter du rescrit de tolérance adressé par l'empereur néoplatonicien Gallien en 260 aux évêques d'Alexandrie. C'est surtout à compter de l'Edit de Milan en 313, après la mort de Dioclétien, que les chrismes vont devenir une inscription fréquente.


Cette apparition s'inscrit dans un mouvement d'ensemble d'inspiration hellénistique qui s'accompagne d'une simplification des représentations et qui va voir la production des sarcophages, d'abord concentrée à Rome, se développer en province notamment à Carthage (ville de tradition phénicienne) et à Marseille (ville de tradition grecque). Ces ateliers produisent des sarcophages "chrétiens" et "païens" et il est ainsi difficile de cerner le moment où l'art funéraire devient une manifestation de la foi chrétienne (les archéologues désignent par le terme de "pseudomorphose" ce phénomène : les images des premiers sarcophages chrétiens et des sarcophages païens sont puisées dans le même répertoire).


Les premières illustrations "bibliques" apparaissent dans la deuxième moitiée du IIIe siècle seulement et il s'agit uniquement de scènes vétérotestamentaires : l'évocation du nouveau testament et donc le caractère distinctement "chrétien" n'intervient qu'au cours du IVe siècle.


Il faut souligner que les scènes néo-testamentaires représentées sur les sarcophages paléochrétiens à compter du IVème siècle sont fréquemment des scènes de l'évangile de Saint-Jean et des scènes provenant d'éléments apocryphes.


L'apparition des chrismes dans les catacombes s'inscrit dans le même mouvement bien qu'il soit semble t-il plus précoce que dans l'art funéraire; ceci démontrerait le caractère "prohibé" de ces représentations. Il convient cependant d'être très prudent sur ce point : le caractère précoce des représentations bibliques et des chrismes n'est en rien démontré et surtout l'aspect "initiatique" des pratiques paléo-chrétiennes, qui s'inscrit dans la "mode" des "cultes à mystères", est souvent oublié au profit d'un systématisme de la répression anti-chrétienne. Or, ce "systèmatisme" est de plus en plus remis en cause par les spécialistes.


Si on a pu également parler de "style plébéien" pour l'art des catacombes et celui des sarcophages paléochrétiens, cette dénomination est certainement inappropriée car celui-ci était le fait d'une certaine élite intellectuelle. Bien évidemment, au IVe siècle, cette élite intellectuelle pouvait compter dans ses rangs des plébéens.


Quoiqu'il en soit la christianisation de la société romaine reste très limitée au début du IVe siècle et pour parler véritablement de "christianisme", il faudra attendre le premier concile de Nicée qui par son crédo, son symbole, déterminera une certaine orthodoxie.
Dès lors, s'il convient peut-être de rattacher l'apparition du chrisme au christianisme des premiers siècles, cette apparition s'inscrit dans un mouvement de constitution du christianisme lui-même. Celui-ci résulte d'une hellénisation du judaïsme entreprise par la dynastie des Ptolémées autant que du ministère du christ lui-même. Il existe au départ des "sectes" chrétiennes qui souvent empreintent à la Gnose, à l'Orphisme et plus encore au Mithraïsme et au Sol Invictus. Le Sol Invictus, tradition synchrétique, est d'ailleurs très en vogue dans les hautes classes de l'armée où les premiers chrétiens semblent surreprésentés et le chrisme plus fréquemment présent sur les sarcophages. Celà ne fait que confirmer une nouvelle fois l'influence de cette tradition religieuse dans l'apparition d'une tradition chrétienne distincte du judaïsme.

En outre, il convient de souligner l'importance de l'Eglise d'Alexandrie qui voit le dévelloppement syncrétique de la foi chrétienne. Au moment de l'Edit de Milan, les chrétiens représentent déjà à Alexandrie au moins 20 % de la population alors que partout ailleurs (à l'exception d'Antioche bien évidemment où l'on désigne pour la première fois les adeptes de l'école théologique de chrétiens) la foi chrétienne reste très minoritaire.
Il est dès à présent important de rappeler que c'est Ptolémée I, général macédonien d'Alexandre le Grand (celui qui trancha le noeud gordien et qui eu pour précepteur Aristote), qui fut en premier à l'origine de ce "syncrétisme" notamment avec l'introduction du culte de Sarapis en Egypte. Comment ne pas faire un rapprochement entre le Sarapisme et le Sol Invictus ?
Le successeur de Ptolémée I, Ptolémée II Philadelphe, sera à l'origine de la "traduction" grecque de la Bible hébraïque, la Septante, suite à une suggestion du fondateur de la Bibliothèque d'Alexandrie, Démétrios de Phalère. C'est cette même bibliothèque qui devriendra le lieu de naissance de l'école théologique d'Alexandrie, puis au Ve siècle, celui de l'école néoplatonicienne d'Alexandrie.
Selon nous, c'est dans ce creuset qu'il convient de rechercher l'antériorité éventuelle du Pendule de Salomon ou a minima l'antériorité du contexte qui l'a vu naître. Le syncrétisme Egypto-hellenico-judéo-chrétien va se poursuivre dans le cadre de l'école théologique d'Alexandrie qui contrairement à l'école théologique d'Antioche, qui adopta une approche "historico-littérale", va retenir une méthode "symbolique" et nouer des liens importants avec les écoles néoplatoniciennes de Rome et surtout d'Alexandrie qui se sont constituées à partir de l'école des eclectiques (cf notamment Clément d'Alexandrie).
Ainsi si le néoplatonisme fut quelquefois utilisé comme support philosophique du paganisme et comme moyen de défense contre le christianisme, c'est dans le christianisme qu'il obtint la plus grande audience, influençant notamment Augustin d'Hippone. Le néoplatonisme est à ce point rattaché à la chrétienté que l'auteur du Fons Vitae, Avicebron fut pris pour un chrétien alors qu'il était juif. La place du néoplatonisme dans le christianisme est centrale : le pseudo-Denys, fondateur de la théologie négative (théologie apophatique), reprend indirectement le néoplatonisme de Plotin via Proclos. Du Pseudo-Denys, on peut ensuite remonter à Thomas d'Aquin qui le cite comme référence mystique la plus autorisée, mais aussi, quoiqu'indirectement, à la mystique rhénane (Maître Eckard, Tauler, Suso).
Le Chrisme va cependant prendre une sa véritable dimension au IVe siècle de notre ére lorsqu'il va être adopté par l'empereur Constantin et va orner son étendard (laburum).

6 août 2009

Per Me Reges Regnant

Les premiers chrismes connus sont tous postérieurs au premier siècle de notre ère. Si l'antériorité du pendule de Salomon par rapport au ministère du Christ vient donc à se poser, c'est essentiellement le fait des traditions compagnonniques et maçonniques.

En effet, le pendule de Salomon est un symbole compagnonnique important. Ce symbole et le mythe qui y est associé ont été véhiculés par les confréries de métiers et en particulier par les maîtres charpentiers. Rappelons que les Évangiles rapportent que Jésus et son père adoptif Joseph exerçaient cette activité. Ce détail a sont importance : le lien entre les traditions des confréries du bas moyen-âge avec celles des confréries de la haute antiquité est aujourd'hui fort bien documenté. La confrérie des charpentiers a largement pris part à la grande aventure des cathédrales.
Plus tardivement, ce sont essentiellement les compagnons du devoir qui ont été les derniers détenteurs de cette tradition et le pendule de Salomon a été popularisé en 1960 lorsque le roman du maître charpentier Raoul Vergez, "La pendule à Salomon" a été adapté au cinéma.
Les compagnons affirment que les anciens compagnons charpentiers et tailleurs de pierres ont été intronisés par les Templiers, en 1146, sur la colline de Vézelay, en présence de Saint Bernard, abbé de Clairvaux. Celui-ci prêchait alors pour la seconde croisade et tentait notamment de convaincre l'empereur du Saint-Empire romain germanique de s'engager dans la grande "reconquista". Les musulmans avaient en effet déferlés dès 771 sur l'hispanie wisigothique, acquise depuis l'évangélisation de Saint Jacques aux idées d'Arius. C'est donc le symbole de Wulfila qui présidait sur l'Espagne et non celui de Nicée-Constantinople. Selon nous, la redécouverte de cette théologie "hérétique" sera déterminante dans la constitution de l'ordre.
Le royaume des Asturies du moine-soldat Pelayo (qui deviendra par la suite le royaume de Castille) avait déjà engagé la lutte de reconquête.
La vision de St Bernard d'Alonzo Cano (1650) - Musée du Prado (Madrid).
Lors de sa "vision" de la vierge Marie, le Saint aurait eu les lèvres humectées de quelques gouttes du lait mariale, le même qui avait nourri le Christ.
Le lait maternelle est le symbole de la vie éternelle et de la connaissance et cela depuis les grecs. Héraclès buvait déjà le lait de l'immortalité coulant du sein d'Héra (la déesse lunaire aux 3 corps). On a souvent désigné la "pierre philosophale" des traditions hermétiques sous le nom de lait de la Vierge.
Le peintre espagnole montre Bernard de Clairvaux "éclairé" par une fenêtre très symbolique... Le rayon lumineux qui éclaire Saint-Bernard forme un angle droit avec le jet de lait qui part du sein de la vierge.
On ferra un rapprochement osé avec le tablier maçonnique présenté plus bas.
C'est donc à partir de 1146 que les compagnons charpentiers adoptèrent le pendule de Salomon comme "marque" et qu'ils le reproduisirent sur de nombreux édifices religieux, notamment ceux se trouvant sur les routes menant à Saint Jacques de Compostelle (la route partant de Vézelay sera par la suite désignée sous le nom de "via lemovicensis" car passant par le Limousin).





Cette tradition nous permet de préciser plusieurs points importants.

Tout d'abord, il existe une relation clairement revendiquée entre la tradition compagnonnique et l'ordre des Templiers.
On rappellera que le frère de saint Bernard, André de Montbard est l'un des neuf fondateurs de l'ordre du Temple et il en fut le cinquième maître élu. Certains francs-maçons anglais n'hésitent pas à affirmer que les 9 chevaliers fondateurs de l'ordre étaient les descendants des grands prêtres du Second Temple détruit en 70 après Jésus-Christ, les héritiers de la connaissance sacré. Lorsqu'ils rédigeront les rituels des hauts grades, ils feront de cette tradition un élément essentiel de leur mythologie (les 9 maîtres qui se lanceront à la poursuite des meurtriers d'Hiram, l'architecte du temple de Salomon).
Les armoiries d'André de Montbard.
5ème grand maître de l'ordre du Temple, André de Montbard fait partie des 9 fondateurs de l'ordre (dans les hauts-grades de la franc-maçonnerie, ce sont 9 frères qui partiront à la recherche des assassins d'Hiram et les frères maçons de la province Franche-Conté-Bourgogne de la GNLF considèrent André de Montbard comme un de leurs "illustres frères"). Outre la croix templière on trouve les poissons (Ichtus) qui renvoient à la très pythagoricienne "pêche miraculeuse" et au livre de Job.



La destruction est commémoré lors de l'importante fête juive 9 Av, Tisha Beav (תשעה באב) : un véritable déluge qui a fait se retirer la "Jérusalem céleste" hors de porté des humains. Ceux-ci ont été, en quelque sorte, chassés du paradis céleste.
Il est dit en effet que Tisha Beav est également le jour où les éclaireurs dépêchés par Moïse revinrent alarmistes de Jérusalem, ce qui , selon certain, ne permis pas à la parole de Dieu d'atteindre la ville Sainte, la terre promise. Il faudra attendre selon cette version le roi Salomon et l'architecte du premier temple, Hiram, pour que de nouveau la vérité soit présente à Jérusalem.
C'est également ce jour qu'aurait été détruit le premier temple en 586 av. JC, exactement 11 ans après la déportation à Babylone du roi Yehôyakîn, de la noblesse et surtout des artisans (notamment les charpentiers).

C'est également ce jour que la forteresse de Betar aurrait été détruite en 135 ap. JC et en même temps qu'elle, la résistance issue de la révolte de Bar Kokhba.

Il est également dit que c'est ce jour que le Pape Urbain II, en 1095, appela aux croisades et l'on sais que cette première croisade marquera la création de l'ordre des Templiers et peut-être la parole retrouvée par les fouilles entreprises sous le second temple comme l'affirment certains francs-maçons anglais (cf la famille Sinclair et la chapelle de Rosslyn où serait enterré, selon ces francs-maçons, les rouleaux retrouvés sous les ruines du Temple).
Tout cela pour dire qu'il semble exister dans ces traditions un lien sérieux entre le pendule de Salomon, l'histoire du peuple juif et l'idée que, peut-être, le pendule de Salomon est cette parole perdue, celle qui doit permettre à la "Jérusalem céleste" de s'établir de nouveau dans un séjour terrestre.

2- Cet épisode rapporté par la tradition compagnonnique souligne également l'importance de Vézelay, lieu dédié à Marie-Madeleine et donc à Saint-Jean le Théologien (le "frère" de Saint Jacques). Le lien entre les traditions compagnonniques, le pendule de Salomon et l'arianisme du symbole de Walfila est ainsi caractérisé. Vézelay deviendra un lieu de départ important pour le pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle et sur les chemins du célèbre pélerinage, le dit pendule marquait les lieux des enseignements secrets et des initiations.


3- Enfin, l'intronisation des compagnons par Saint Bernard doit nous rappeler que la théologie de celui-ci s'appuyait en grande partie sur le cantique de Salomon et sur la théologie de Saint-Augustin. Or pour celui-ci, le libre arbitre est essentiel et, s'il considère que les juifs n'ont pas à occuper le siège de Saint-Pierre, il a combattu l'antisémitisme et revendiqué la filiation sémite sur le plan spirituel.

Que rapporte donc la tradition compagnonique à propos du pendule de Salomon ?

Il est dit que lorsque le roi Salomon voulut ériger le Temple pour lequel son père, le roi David, avait rassemblé les matériaux, il se trouva devant le fait qu'Israël n'avait pas d'ouvriers qualifiés pour la construction des temples. Il fit donc appel à son voisin Hiram, roi de Tyr.
Hiram avait en effet une grande expérience de la construction des temples : il avait notamment construit celui d'Astarté qui n'est autre que la version phénicienne de la déesse babylonienne Ishtar Astarté est l'archétype de la force cosmique divinisée, déesse de la fécondité. Elle est certainement l'une des plus anciennes et importantes divinités du Moyen-orient. Revenue de la mort avec la connaissance divine, elle est au centre du rituel du "mariage sacré", l'alliance entre l'homme et la divinité. Astarté n'est donc que la version phénicienne (et égyptienne) de la "déesse-mère", la "Grande-déesse" dont les premières représentations remontent aux premiers temps du néolithique et dont Vénus constitura plus tard la version romaine (on retrouve dès maintenant Compostelle et la coquille Saint-Jacques, symbole du pélerinage Templier et de la naissance de Vénus).
Le culte d'Astarté, plus que n'importe quel autre, matérialise le lien existant entre "phénomènes divins" et "phénomènes physiques" au sens moderne du terme.
Ce que recherchait le roi Salomon n'était pas uniquement un architecte capable de lui construire un temple de dimensions finalement assez restreintes pour y accueillir la loi de Moïse. Il recherchait celui qui lui expliquerait l'architecture divine, celui qui lui expliquerait sans doute l'essence des enseignements légués plusieurs siècles auparavant par les patriarches.

Hiram, le roi de Tyr désigna pour conduire les travaux, son architecte homonyme Hiram ou plus exactement Abhiram (serviteur d'Hiram) qui fit appel à des constructeurs de divers pays.

Selon la légende, ces ouvriers ne parlaient pas tous la même langue et Salomon (ou Abhiram selon une version alternative) composa pour eux un diagramme de signes disposés sur un cercle, au moyen duquel, sans se comprendre oralement mais par une utilisation rationnelle des "signes", les ouvriers pouvaient exécuter tous les travaux.
Ce diagramme constitue ce que les Compagnons nomment "La Pendule à Salomon " qui comporte plusieurs figurations associant les trente-deux signes de l'alphabet des charpentiers, rangés en cercle, associé à un centre orné d'une croix ou le plus souvent d'un chrisme. Les compagnons utilisaient ce diagramme comme un code pour crypter leurs connaissances et leurs savoirs faire. Par extension, on appelle donc le chrisme central du nom de "pendule de Salomon".
De cette tradition, il faut retenir que c'est de la création de l'alphabet et de la langue sacré dont il est question (l'alphabet phénicien sera à l'origine de l'alphabet paléo-hébraique). Cette langue et son "mode d'emploi" (le pendule central) doivent permettre de traduire la vérité et de reconstituer l'unité perdue dans l'incompréhension.
C'est le thème de la très biblique tour de Babel. Il s'agit là d'une question épistémiologique essentielle : comment le sujet plongé dans le tout peut-il renouer avec l'unité perdue (l'axe du Monde, la tour de Babel) et exprimer ainsi la vérité ?
La légende d'Hiram est au coeur de la tradition maçonnique que ce soit pour les 3 premiers grades des loges bleues que pour les 31 haut-grades accessibles après 3 ans de maîtrise.
Selon la légende maçonnique, Hiram a été assassiné par 3 mauvais compagnons, et depuis ce terrible jour, les mots ont été substitués (celà rejoint la question épistémiologique précédemment évoquée). *
La construction du temple est ainsi le mythe fondateur de la maçonnerie. Le meurtre rituel d'Hiram évoque le 9 Av et ce sont, comme chez les Templiers, 9 maîtres qui se lanceront à la poursuite des meurtriers du premier Maître.





Tablier d'Elu en soie du 18ème siècle : 9ème grade REAA "Elu des neufs".
Le poignard et l'os forme un pendule de Salomon; l'horizontale ou la verticalité apparaissent de 2 façons : l'hypothénuse de l'équerre et la chute des dents de la machoire inférieure du crâne. La "machoire manquante" est évoquée par le triangle isocèle du nez et par les 9 larmes. En dessous on a les branches d'accacia qui symbolisent le buisson ardent de Moise.
L'Orient de Grenoble de la Grande Loge Nationale Française reprends ce symbole comme emblème. Au centre se trouve le chrisme dans sa forme la plus habituelle qui associe les lettres grecques chi (X) et rho (P) et de part et d'autre les premiére et dernière lettres de l'alphabet grec : alpha (A) et oméga (W). Cependant, ces lettres sont alors utilisées dans leur forme "majuscule", ce qui n'est pas le cas le plus fréquent pour l'oméga pour les pendules de Salomon les plus anciens. L'alphabet compagnonnique est évoqué dans l'emblème maçonique par la division d'un cercle périphérique en trente-deux segments que l'héraldique nomme " Compons".









La devise de la loge, "Per Me Reges Regnant" (Par Moi les Rois Règnent) est tirée du Livre des Proverbes de l'Ancien testament, le "Mishlei" משלי dans le "Ketouvim", la troisième section du Tanakh après la Torah et les Nevi'im.



"Mishlei" signifie litéralement "Paraboles" (la notion de parabole est pour nous d'une importance capitale dans la compréhension du pendule en tant que composé du cercle et du carré : on sais au moins depuis Archimède de Syracuse que sa quadrature est possible). La tradition attribue généralement sa rédaction au roi Salomon lui-même.
"Je suis la sagesse, ma demeure est le discernement et je possède la science de
la réflexion" (Proverbes 8,12)
" La crainte de l'Eternel, c'est la haine du mal, de l'arrogance et de l'orgueil. La bouche perverse, voilà ce qu'il faut haïr" (Proverbes 8,13)





"Le conseil et le succès m'appartiennent; Je suis l'intelligence même et la force est à moi" (Proverbes 8,14)




"Par moi les rois règnent et les princes ordonnent ce qui est juste" (Proverbes 8,15)
Cette devise était celle inscrite sur la couronne de l'empereur du Saint-Empire Romain Germanique avec l'inscription "Rex Salomon".
La lecture du "Mishlei" nous permet ainsi d'éviter l'erreure de Jean-Jacques Rousseau qui ne voyait dans ce "Per me reges regnant" qu'un instrument de domination alors qu'il incarne la sagesse même, la "loi naturelle", qui devait inspirer les rois et dont la compréhension devait en légitimer l'oeuvre et par extension celle des hommes dans le cadre de l'idéal maçonnique (la réalité de la pratique est souvent hélas très différente !).

Par ce symbole il est question de "l'intelligence même", de "discernement", de la "science de la réflexion". C'est donc certainement dans ce sens qu'il faut entendre la devise "In hoc signo vinces" (IHS), "Sous ce signe tu vaincras " du chrisme de l'étendard (laburum) de l'empereur Constantin I.







27 juil. 2009

Un chameau et une porte étroite

La fresque du British museum de Londres provient de la villa romaine de Lullingstone dans le Kent. Elle peut-être datée du IVème siècle après Jésus Christ. Cette villa romaine a été découverte en 1939 et sa construction remonte à l'époque de l'occupation romaine de la Grande-Bretagne. Elle est souvent considérée comme abritant la première chapelle chrétienne du pays.


Si l'on observe attentivement le chrisme de la fresque de Lullingston, plusieurs détails retiennent l'attention. Bien évidemment, les deux colonnes à l'arrière du Chrisme peuvent évoquer les colonnes du temple de Salomon, chères aux traditions maçonniques. D'autre part, on doit noter que la fresque prends place au millieu de scènes mythologiques gréco-romaines classiques avec de superbes mosaïques du même style.



Les propriétaires de la villa étaient sans doute apparentés à l'empereur Pertinax (Publius Helvius Pertinax 126-193) et celui-ci était un adepte d'un culte à mystères à l'origine de Sol Invictus (Soleil invaincu), culte solaire syncrétique apparu à Rome au début du III siècle et qui reprends de nombreux aspects de la mythologie de Mithra. Ce culte a connu une grande popularité dans l'armée romaine et l'empereur Aurélien (270-275) lui a assuré une place officielle en le proclamant patron principal de l’Empire romain et en faisant du 25 décembre (jour suivant le solstice d'hiver selon le calendrier Julien) une fête officielle : Dies Natalis Solis, « Jour de naissance du Soleil », fête qui sera christianisé par la suite en Occident (Natalis a donné Natale en italien, et Noël en français).

L'empereur Constantin Ier (306-337), était, au moins au début de son règne, un fervent adepte du Soleil Invaincu, et son chrisme s'inscrivait dans ce contexte (I.H.S). Constantin Ier fera ainsi frapper sur les monnaies la légende «Soli Invicto Comiti», «Au Soleil Invaincu qui m'accompagne» et, par une loi du 7 mars 321, il fera du «Jour du Soleil» (c’est-à-dire le dimanche) le jour du repos hebdomadaire (Code Justinien 3.12.2).




Cependant, ce qui m'est apparu choquant dans le chrisme de Lullingston (et qui pourtant est tout aussi choquant dans tous les chrismes des premiers siècles et du moyen-âge), ce sont les lettres grecques qui composeraient le symbole. En effet, le chi ne resemble pas complétement à un chi et surtout, le rho ne devient un rho qu'en y ajoutant une partie du chi, ou un iota, dans une description alternative, en oubliant la "patte" supérieure... L'alpha, encore, avec une patte plus courte et en majuscule alors que l'oméga est en.... minuscule. Vous pouvez étudier tous les anciens chrismes : comme sur la fresque de Lullingston, l'oméga "supposé" est en minuscule et l'alpha non moins "supposé" est en majuscule... A celà, aucune explication graphique, typologique ou théologique...



Reprenons alors l'hypothèse compagnonnique et maçonnique. Le pendule de salomon est un monogramme. Mais qu'est-ce qu'un monogramme dans l'esprit des anciens ? C'est bien plus qu'un symbole composé d'initiales. C'est un sceau (du latin signum) qui permet d'identifier une personne ou un groupe de personnes. L'objectif est de garantir l'authenticité d'un document ou d'une information et de la rendre évidente en précisant, à ceux à qui l'information est destinée, le code de déchiffrement à utiliser. Cette technique était déjà connue des mésopotamiens plus de 4000 ans AEC et c'est pourquoi on désignele monogramme d'un prince comme le "chiffre". On notera également que la cryptologie était bien connue des anciens hébreux : en effet, ceux-ci utilisait la méthode de l' "atbash", une méthode de substitution alphabétique inversée. Elle consistait à remplacer chaque lettre du texte "en clair" par une autre lettre de l'alphabet choisie de la manière suivante : A devient Z, B devient Y etc... Le nom "atbash" vient des initiales des premières et dernières lettres de l'alphabet hébreux et des secondes et avant dernière lettre de ce même alphabet : aleph-tav, beth-shin. Pas d'oméga finale donc dans cet alphabet !


Tout celà n'est donc pas très rigoureux et pourtant, l'interprétation "classique" du symbole semble ne poser aucun problème à personne... Quelque que fois on évoque qu'IHS est très certainement l'IHS de Constantin, mais jamais l'interprétation du chrisme n'a été sérieusement envisagée et ce malgré sa place centrale dans le christiannisme des premiers siècles et dans l'histoire médiévale, etc...

L'idée est en fait toute simple : si on utilise l'alphabet phénicien ou le très semmblable alphabet paléo-hébraique, celui qui était utilisé à l'époque de Salomon et d'Hiram, pour interpréter le symbole c'est beaucoup mieux et en plus c'est cohérent avec la transmission traditionnelle qui y est associée...

L'alphabet phénicien est issu de l'alphabet linéaire utilisé pour noter des idiomes proto-cananéens. C'est une simplification des hiéroglyphes égyptiens. Les plus anciennes inscriptions datent vraisemblablement du XIIIe siècle avant l'ère chrétienne mais on les considère encore comme du linéaire. La cité phénicienne de Byblos semble avoir joué un rôle décisif dans la diffusion de l'alphabet qui, au XIe siècle, est parfaitement établi. L'alphabet phénicien suit l'ordre levantin, qu'il transmettra à tous ses nombreux descendants :
- en premier lieu l'alphabet grec ancien ancètre des alphabets étrusque, latin et ses variantes médiévales, grec moderne, cyrillique, copte, gotique;
- le très semblable alphabet paléo-hébraïque, dont est issu l'alphabet samaritain;
- et aussi l'alphabet araméen, ancètre des alphabets hébreu, syriaque, nabatéen, arabe (et persan), et mandéen.
L'alpha devient en utilisant cer alphabet un très classique gimel et le rho (ou le iota) un qof. On retrouve ainsi le chameau (gimel), la recherche du centre, et le shas de l'aiguille (qof), la porte étroite...

Les lecteurs familiers du Nouveau Testament connaissent bien la parole de Jésus à propos de la difficulté pour un riche d’être sauvé :
« Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux. » (Mt 19,24 ; cf. Mc 10,25).
Même en faisant la part de l’hyperbole, la disproportion entre l’étroitesse du passage et la taille de l’animal qui doit l’emprunter a parfois conduit certains commentateurs à reculer devant l’interprétation littérale pour proposer des explications plus ou moins ingénieuses : l’expression « le trou d’une aiguille » désignerait, par exemple, une porte basse dans la muraille d’une ville...
Or, cette comparaison du trou d’aiguille est bien connue de la tradition rabbinique. La pointe de la parabole est différente de ce qu’elle est dans l’Évangile, mais le rapprochement s’impose pourtant. Il s’agit d’un commentaire sur le verset du Cantique : « Ouvre-moi... » (Ct 5,2), que l’on retrouve, avec des variantes, dans d’autres passages :
« Le Saint, béni soit-il, dit à Israël : ‘Mes fils, ouvrez-moi une porte de repentance comme un trou d’aiguille, et moi, je l’élargirai pour y faire passer des charrettes’. »
Une variante parle même d’y faire passer une armée avec tout son équipement. Le contraste, ici, n’est pas entre la taille du passage et celle du chameau, mais entre la part de bonne volonté, même infime, qui est requise de l’homme et la puissance de Dieu qui peut faire le reste. Mais peut-être ne sommes-nous pas si loin de la parabole évangélique...
Bon, celà est interessant mais pour le reste du symbole ? Et bien le chi n'est plus un chi (qui n'apparait que de façon tardive et pas de manière uniforme) mais le Taw : la marque (le golem), la dernière lettre de l'alphabet phénicien et paléo-hébraïque. On l'apparente à l'aleph qui est le taureau "émasculé", le boeuf : le baptême selon Mithra, l'alliance. La Génèse commence par beth (avant on a Adam et Lilith qui ne laisse que la marque de la bête, l'ignorance), la maison, que l'on doit apparenter apparenter au sin et non pas à un pseudo-oméga en minuscule, le nom divin Shaddaï (שַׁדַּי).
Shin (ou Šin) est la 21 lettres de nombreux abjad sémitiques notamment le phénicien, l'araméen, le syriaque, l'hébreuu ש, et l'arabee šīn ﺵ (aujourd'hui le šīn est la douzième lettre de l'alphabet moderne). La lettre phénicienne est à l'origine du Sigma grec (Σ), du S latin, et des lettres cyrilliques Es (С) et Sha (Ш).

La glyphe du shin dériverait hiéroglyphe de l'uraeus.
L'uræus est un cobra femelle qui a pour fonction de protéger le pharaon contre ses ennemis. C'est litéralement l'œil de Rê et on le retrouve la plupart du temps représenté sur la coiffe de pharaon dont il est l'un des principaux attributs. Il est principalement incarné par la déesse Ouadjet dont Horus serait alors le fils. Dans le mythe osirien, Horus est le fils d'Isis et d'Osiris. Cependant, ce mythe n'est pas incompatible avec la filiation première : en effet, Isis est initialement la personnification du trône et son nom en hiéroglyphes "Iset", ce qui signifie le siège. Isis est donc l'héritière des déesses-mères et n'est donc pas la mère d'Horus, mais simplement celle qui l'éleva. C'est ainsi qu'à l'époque Romaine on va la représenter sous la forme de Isis lactans et le lien avec la vierge Marie est ainsi évident.
On peut donc rapprocher l'uraeus de l'oeil d'Horus (Oudjatt). Horus est l'une des plus anciennes divinités égyptiennes, le dieu faucon, et signifie "Celui qui est au-dessus". Il remonte sans doute à la préhistoire, car la liste royale du papyrus de Turin qualifie de "Suivants d’Horus" les rois légendaires qui gouvernèrent l’Égypte après le règne des dieux. Horus sera constamment associé à la monarchie pharaonique. Horakhty (L'Horus des deux horizons) est l'une des manifestations d'Horus, le dieu du soleil se levant à l'horizon et selon la tradition égyptienne, Pharaon gouverne d'un horizon à l'autre (d'est en ouest) sous la forme d'Horakhty. Son œil droit est le soleil et l’œil gauche la lune et à Héliopolis, il était vénéré concurremment avec Rê et finit même par fusionner avec le démiurge héliopolitain, sous la forme de Rê-Horakhty. En fait, Rê-Horakhty est représenté en tant que Rê à midi, c'est-à-dire lors de sa gloire terrestre. Le dieu est personnifié en homme à tête de faucon surmonté du disque solaire.
L'oudjat signifie l'« œil préservé », c'est à dire l'oeil de Rê (uræus), oeil divin préservé du "déluge", l'incarnation même de la connaissance divine accordée à la dynastie pharaonique et notamment au premier des pharaons : Horus.
D'après le mythe, Horus aurait perdu un œil dans le combat mené contre son oncle Seth pour venger l'assassinat de son père. Au cours du combat, Seth lui arracha l'œil gauche (la lune, la connaissance cachée), le découpa en 6 morceaux et les jeta dans le Nil. À l'aide d'un filet (on fera le rapprochement avec la pêche miraculeuse, celle de Pythagore, mais aussi celle du Christ), Thot (celui qui capte la lumière lunaire et que l'on a désigné comme le seigneur du temps) repêcha tous les morceaux sauf un (donc 5). Il suppléa miraculeusement le 6e fragment manquant pour permettre à l'œil de fonctionner de nouveau, rendant ainsi à Horus son intégrité physique. Ainsi l'Oudjat a une fonction de restauration de la complétude et de vision de « l'invisible ». Il fut représenté sur les sarcophages et sur les pectoraux (comme les chrismes et comme les gorgonnes). L'Œil Oudjat était peint sur les proues des bateaux et leur permettait de « voir » et de tenir leur cap.
A ce point, il faut rappeler que Thot est véritablement le verbe incarné. Un texte d'Edfou relate sa naissance :
« Au sein de l'océan primordial apparut la terre émergée. Sur celle-ci, les Huit vinrent à l'existence. Ils firent apparaître un lotus d'où sortit Rê, assimilé à Shou. Puis il vint un bouton de lotus d'où émergea une naine, auxiliaire féminin nécessaire, que Rê vit et désira. De leur union naquit Thot qui créa le monde par le Verbe ».

Thot est donc l'inventeur de l'écriture et du langage, il est la « langue d'Atoum » et le dieu des scribes. Détenteur de la connaissance divine, il sera dans le monde gréco-romain Hermès Trismégiste.
Dès à présent, il convient également de montrer le rôle que jouait le fameux Oudjat dans l'arithmétique égyptienne : les parties constituantes de l'Oudjat servaient à écrire les fractions ayant 64 comme dénominateur commun et elles servaient à mesurer les capacités et les volumes :


L'Oudjat était ainsi composé de la conjonctive 1/2 (soit 32/64), de la pupille 1/4 (soit 16/64), du
sourcil 1/8e (soit 8/64), d'une partie de la conjonctive 1/16 (soit 4/64), de la larme 1/32 (soit 2/64) et de la tache du faucon 1/64. L'addition des six fractions, 32/64 + 16/64 + 8/64 + 4/64 + 2/64 + 1/64, donne 63/64 et, comme dans le mythe, la fraction manquante est ajoutée par Thot qui remplace la 6ème partie manquante de l'oeil d'Horus. On retrouve dans l'addition des 6 premières fractions de la fameuse suite 1/2 + 1/4 + 1/8 ... série infinie qui converge vers 1 et qui incarne le paradoxe de Zénon.