C'est également ce jour qu'aurait été détruit le premier temple en 586 av. JC, exactement 11 ans après la déportation à Babylone du roi Yehôyakîn, de la noblesse et surtout des artisans (notamment les charpentiers).
C'est également ce jour que la forteresse de Betar aurrait été détruite en 135 ap. JC et en même temps qu'elle, la résistance issue de la révolte de Bar Kokhba.
Il est également dit que c'est ce jour que le Pape Urbain II, en 1095, appela aux croisades et l'on sais que cette première croisade marquera la création de l'ordre des Templiers et peut-être la parole retrouvée par les fouilles entreprises sous le second temple comme l'affirment certains francs-maçons anglais (cf la famille Sinclair et la chapelle de Rosslyn où serait enterré, selon ces francs-maçons, les rouleaux retrouvés sous les ruines du Temple).
Tout cela pour dire qu'il semble exister dans ces traditions un lien sérieux entre le pendule de Salomon, l'histoire du peuple juif et l'idée que, peut-être, le pendule de Salomon est cette parole perdue, celle qui doit permettre à la "Jérusalem céleste" de s'établir de nouveau dans un séjour terrestre.
2- Cet épisode rapporté par la tradition compagnonnique souligne également l'importance de Vézelay, lieu dédié à Marie-Madeleine et donc à Saint-Jean le Théologien (le "frère" de Saint Jacques). Le lien entre les traditions compagnonniques, le pendule de Salomon et l'arianisme du symbole de Walfila est ainsi caractérisé. Vézelay deviendra un lieu de départ important pour le pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle et sur les chemins du célèbre pélerinage, le dit pendule marquait les lieux des enseignements secrets et des initiations.
3- Enfin, l'intronisation des compagnons par Saint Bernard doit nous rappeler que la théologie de celui-ci s'appuyait en grande partie sur le cantique de Salomon et sur la théologie de Saint-Augustin. Or pour celui-ci, le libre arbitre est essentiel et, s'il considère que les juifs n'ont pas à occuper le siège de Saint-Pierre, il a combattu l'antisémitisme et revendiqué la filiation sémite sur le plan spirituel.
Que rapporte donc la tradition compagnonique à propos du pendule de Salomon ?
Il est dit que lorsque le roi Salomon voulut ériger le Temple pour lequel son père, le roi David, avait rassemblé les matériaux, il se trouva devant le fait qu'Israël n'avait pas d'ouvriers qualifiés pour la construction des temples. Il fit donc appel à son voisin Hiram, roi de Tyr.
Hiram avait en effet une grande expérience de la construction des temples : il avait notamment construit celui d'Astarté qui n'est autre que la version phénicienne de la déesse babylonienne Ishtar Astarté est l'archétype de la force cosmique divinisée, déesse de la fécondité. Elle est certainement l'une des plus anciennes et importantes divinités du Moyen-orient. Revenue de la mort avec la connaissance divine, elle est au centre du rituel du "mariage sacré", l'alliance entre l'homme et la divinité. Astarté n'est donc que la version phénicienne (et égyptienne) de la "déesse-mère", la "Grande-déesse" dont les premières représentations remontent aux premiers temps du néolithique et dont Vénus constitura plus tard la version romaine (on retrouve dès maintenant Compostelle et la coquille Saint-Jacques, symbole du pélerinage Templier et de la naissance de Vénus).
Le culte d'Astarté, plus que n'importe quel autre, matérialise le lien existant entre "phénomènes divins" et "phénomènes physiques" au sens moderne du terme.
Ce que recherchait le roi Salomon n'était pas uniquement un architecte capable de lui construire un temple de dimensions finalement assez restreintes pour y accueillir la loi de Moïse. Il recherchait celui qui lui expliquerait l'architecture divine, celui qui lui expliquerait sans doute l'essence des enseignements légués plusieurs siècles auparavant par les patriarches.
Hiram, le roi de Tyr désigna pour conduire les travaux, son architecte homonyme Hiram ou plus exactement Abhiram (serviteur d'Hiram) qui fit appel à des constructeurs de divers pays.
Selon la légende, ces ouvriers ne parlaient pas tous la même langue et Salomon (ou Abhiram selon une version alternative) composa pour eux un diagramme de signes disposés sur un cercle, au moyen duquel, sans se comprendre oralement mais par une utilisation rationnelle des "signes", les ouvriers pouvaient exécuter tous les travaux.
Ce diagramme constitue ce que les Compagnons nomment "La Pendule à Salomon " qui comporte plusieurs figurations associant les trente-deux signes de l'alphabet des charpentiers, rangés en cercle, associé à un centre orné d'une croix ou le plus souvent d'un chrisme. Les compagnons utilisaient ce diagramme comme un code pour crypter leurs connaissances et leurs savoirs faire. Par extension, on appelle donc le chrisme central du nom de "pendule de Salomon".
De cette tradition, il faut retenir que c'est de la création de l'alphabet et de la langue sacré dont il est question (l'alphabet phénicien sera à l'origine de l'alphabet paléo-hébraique). Cette langue et son "mode d'emploi" (le pendule central) doivent permettre de traduire la vérité et de reconstituer l'unité perdue dans l'incompréhension.
C'est le thème de la très biblique tour de Babel. Il s'agit là d'une question épistémiologique essentielle : comment le sujet plongé dans le tout peut-il renouer avec l'unité perdue (l'axe du Monde, la tour de Babel) et exprimer ainsi la vérité ?
La légende d'Hiram est au coeur de la tradition maçonnique que ce soit pour les 3 premiers grades des loges bleues que pour les 31 haut-grades accessibles après 3 ans de maîtrise.
Selon la légende maçonnique, Hiram a été assassiné par 3 mauvais compagnons, et depuis ce terrible jour, les mots ont été substitués (celà rejoint la question épistémiologique précédemment évoquée). *
La construction du temple est ainsi le mythe fondateur de la maçonnerie. Le meurtre rituel d'Hiram évoque le 9 Av et ce sont, comme chez les Templiers, 9 maîtres qui se lanceront à la poursuite des meurtriers du premier Maître.
Tablier d'Elu en soie du 18ème siècle : 9ème grade REAA "Elu des neufs".
Le poignard et l'os forme un pendule de Salomon; l'horizontale ou la verticalité apparaissent de 2 façons : l'hypothénuse de l'équerre et la chute des dents de la machoire inférieure du crâne. La "machoire manquante" est évoquée par le triangle isocèle du nez et par les 9 larmes. En dessous on a les branches d'accacia qui symbolisent le buisson ardent de Moise.
L'Orient de Grenoble de la Grande Loge Nationale Française reprends ce symbole comme emblème. Au centre se trouve le chrisme dans sa forme la plus habituelle qui associe les lettres grecques chi (X) et rho (P) et de part et d'autre les premiére et dernière lettres de l'alphabet grec : alpha (A) et oméga (W). Cependant, ces lettres sont alors utilisées dans leur forme "majuscule", ce qui n'est pas le cas le plus fréquent pour l'oméga pour les pendules de Salomon les plus anciens. L'alphabet compagnonnique est évoqué dans l'emblème maçonique par la division d'un cercle périphérique en trente-deux segments que l'héraldique nomme " Compons".
La devise de la loge, "Per Me Reges Regnant" (Par Moi les Rois Règnent) est tirée du Livre des Proverbes de l'Ancien testament, le "Mishlei" משלי dans le "Ketouvim", la troisième section du Tanakh après la Torah et les Nevi'im.
"Mishlei" signifie litéralement "Paraboles" (la notion de parabole est pour nous d'une importance capitale dans la compréhension du pendule en tant que composé du cercle et du carré : on sais au moins depuis Archimède de Syracuse que sa quadrature est possible). La tradition attribue généralement sa rédaction au roi Salomon lui-même.
"Je suis la sagesse, ma demeure est le discernement et je possède la science de
la réflexion" (Proverbes 8,12)
" La crainte de l'Eternel, c'est la haine du mal, de l'arrogance et de l'orgueil. La bouche perverse, voilà ce qu'il faut haïr" (Proverbes 8,13)
"Le conseil et le succès m'appartiennent; Je suis l'intelligence même et la force est à moi" (Proverbes 8,14)
"Par moi les rois règnent et les princes ordonnent ce qui est juste" (Proverbes 8,15)
Cette devise était celle inscrite sur la couronne de l'empereur du Saint-Empire Romain Germanique avec l'inscription "Rex Salomon".
La lecture du "Mishlei" nous permet ainsi d'éviter l'erreure de Jean-Jacques Rousseau qui ne voyait dans ce "Per me reges regnant" qu'un instrument de domination alors qu'il incarne la sagesse même, la "loi naturelle", qui devait inspirer les rois et dont la compréhension devait en légitimer l'oeuvre et par extension celle des hommes dans le cadre de l'idéal maçonnique (la réalité de la pratique est souvent hélas très différente !).
Par ce symbole il est question de "l'intelligence même", de "discernement", de la "science de la réflexion". C'est donc certainement dans ce sens qu'il faut entendre la devise "In hoc signo vinces" (IHS), "Sous ce signe tu vaincras " du chrisme de l'étendard (laburum) de l'empereur Constantin I.
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