Per Me Reges Regnant

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Abstract :

Le roi Salomon et son architecte phénicien Abhiram voulant expliquer aux ouvriers comment construire le Temple qui devait recevoir le savoir légué par le scribe Ahmès (Moïse) composa un diagramme qui résumait à lui seul la connaissance ultime.

Ce symbole, ce sceau, le pendule de Salomon, fut transmis à Pythagore qui l'assimilla à l'oracle de Delphes, le khrêsmós.

Yehoshua, ancien nazirite, voulu en restituer le vrai sens après la chute de la dynastie des Ptolémées qui avait succédée à l'empire d'Alexandre et de son précepteur Aristote.

Adopté par les premiers chrétiens sous le nom de "Chrisme", le pendule de Salomon sera présent sur l'étendard (labarum) de Constantin Ier accompagné de la sa célèbre devise : In hoc signo vinces (I.H.S).



Au centre des débats du premier concile œcuménique qui se tint à Nicée en 325, son appropriation va être notamment en grande partie responsable de la fin tragique des écoles néo-platoniciennes d'Athènes et d'Alexandrie et de la destruction de la Grande Bibliothèque.

Enjeu de pouvoir, sa transmission se fera alors, à titre principal et de façon plus ou moins intègre et élitiste, dans le cadre du compagnonnage, des ordres militaires et hospitaliers religieux et par la suite dans celui des organisations maçonniques.

La nature de cette connaissance ultime, loin de l'ésotérisme et du mysticisme, s'actualise aujourd'hui au centre de l'actualité des sciences en restant la porte d'accès à la réalité et au sens des choses.

Notre seul objectif est de restituer ce patrimoine commun de l'Humanité.













L'exclusion parabolique des nombres premiers

153 gros poissons

153 gros poissons
Srinivasa RAMANUJAN (1910)

14 août 2009

Le Chrisme, symbole des premiers chrétiens ?

C'est au British Museum de Londres que la conjecture affirmant que "le pendule de Salomon" est plus ancien que la vie du Christ lui même m'est apparue raisonnable.




Il s'agissait en fait d'une fresque provenant de la villa romaine de Lullingstone dans le Kent et qui peut-être datée du IVème siècle après Jésus Christ.




Je connaissais bien évidemment ce symbole depuis longtemps pour l'avoir vu sur le tympans des églises notamment dans le sud-ouest de la France et je connaissais déjà les traditions compagnonniques et maçonniques qui rapportent son antériorité au christianisme et qui font remonter son origine jusqu'au roi Salomon. Cependant, c'est là, à Londres, qu'un des éléments de ce symbole m'est apparu d'une évidente incongruitée.


Ce symbole que l'on connaît le plus souvent sous la dénomination de Chrisme et que l'on rattache habituellement aux premiers chrétiens est généralement décrit comme composé dans sa forme la plus simple des lettres grecques Χ (chi) et Ρ (rhô), la première apposée sur la seconde. On relève généralement qu'il s'agit là des deux premières lettres du mot Χριστός (Christ) et c'est pourquoi on désigne également le pendule de Salomon sous le nom de "monogramme du Christ". En général, on trouve également dans les versions épurées de ce symbole ce qu'on décrit comme étant un alpha à gauche et un oméga à droite et il est alors fait référence au texte de Apocalypse(1,8) :
"Je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et
qui vient, le Tout Puissant"

"Ego sum Alpha et Omega, principium et finis, dicit Dominus Deus, qui est et qui erat et qui venturus est Omnipotens"

Évoquer ainsi l'alpha et l'oméga serait donc une façon d'évoquer la toute puissance de Dieu, de souligner sa complétude.

Les premières apparitions de ce symbole ont certainement lieu sur les sarcophages paléochrétiens et dans l'art des catacombes à Rome. En effet, il convient d'exclure les représentations "approchantes" qui ne peuvent pas explicitement être qualifiées de Chrismes (roues, étoiles à 6 branches, dharmachakras...).



Pour les sarcophages paléochrétiens, il faut préciser que la pratique de l'inhumation ne se répend à Rome qu'à la fin du Ier siècle et surtout à compter du début IIème siècle à la suite de l'abandon progressif de l'incinération en faveur de l'inhumation. La pratique s'impose véritablement au IIIème siècle dans tout l'Empire, tout en restant cependant l'apanage des familles aisées.


L'apparition des premiers chrismes sur les sarcophages semble être concomitante avec celles des scènes à connotation biblique et la pratique va vraiment se développer à compter du rescrit de tolérance adressé par l'empereur néoplatonicien Gallien en 260 aux évêques d'Alexandrie. C'est surtout à compter de l'Edit de Milan en 313, après la mort de Dioclétien, que les chrismes vont devenir une inscription fréquente.


Cette apparition s'inscrit dans un mouvement d'ensemble d'inspiration hellénistique qui s'accompagne d'une simplification des représentations et qui va voir la production des sarcophages, d'abord concentrée à Rome, se développer en province notamment à Carthage (ville de tradition phénicienne) et à Marseille (ville de tradition grecque). Ces ateliers produisent des sarcophages "chrétiens" et "païens" et il est ainsi difficile de cerner le moment où l'art funéraire devient une manifestation de la foi chrétienne (les archéologues désignent par le terme de "pseudomorphose" ce phénomène : les images des premiers sarcophages chrétiens et des sarcophages païens sont puisées dans le même répertoire).


Les premières illustrations "bibliques" apparaissent dans la deuxième moitiée du IIIe siècle seulement et il s'agit uniquement de scènes vétérotestamentaires : l'évocation du nouveau testament et donc le caractère distinctement "chrétien" n'intervient qu'au cours du IVe siècle.


Il faut souligner que les scènes néo-testamentaires représentées sur les sarcophages paléochrétiens à compter du IVème siècle sont fréquemment des scènes de l'évangile de Saint-Jean et des scènes provenant d'éléments apocryphes.


L'apparition des chrismes dans les catacombes s'inscrit dans le même mouvement bien qu'il soit semble t-il plus précoce que dans l'art funéraire; ceci démontrerait le caractère "prohibé" de ces représentations. Il convient cependant d'être très prudent sur ce point : le caractère précoce des représentations bibliques et des chrismes n'est en rien démontré et surtout l'aspect "initiatique" des pratiques paléo-chrétiennes, qui s'inscrit dans la "mode" des "cultes à mystères", est souvent oublié au profit d'un systématisme de la répression anti-chrétienne. Or, ce "systèmatisme" est de plus en plus remis en cause par les spécialistes.


Si on a pu également parler de "style plébéien" pour l'art des catacombes et celui des sarcophages paléochrétiens, cette dénomination est certainement inappropriée car celui-ci était le fait d'une certaine élite intellectuelle. Bien évidemment, au IVe siècle, cette élite intellectuelle pouvait compter dans ses rangs des plébéens.


Quoiqu'il en soit la christianisation de la société romaine reste très limitée au début du IVe siècle et pour parler véritablement de "christianisme", il faudra attendre le premier concile de Nicée qui par son crédo, son symbole, déterminera une certaine orthodoxie.
Dès lors, s'il convient peut-être de rattacher l'apparition du chrisme au christianisme des premiers siècles, cette apparition s'inscrit dans un mouvement de constitution du christianisme lui-même. Celui-ci résulte d'une hellénisation du judaïsme entreprise par la dynastie des Ptolémées autant que du ministère du christ lui-même. Il existe au départ des "sectes" chrétiennes qui souvent empreintent à la Gnose, à l'Orphisme et plus encore au Mithraïsme et au Sol Invictus. Le Sol Invictus, tradition synchrétique, est d'ailleurs très en vogue dans les hautes classes de l'armée où les premiers chrétiens semblent surreprésentés et le chrisme plus fréquemment présent sur les sarcophages. Celà ne fait que confirmer une nouvelle fois l'influence de cette tradition religieuse dans l'apparition d'une tradition chrétienne distincte du judaïsme.

En outre, il convient de souligner l'importance de l'Eglise d'Alexandrie qui voit le dévelloppement syncrétique de la foi chrétienne. Au moment de l'Edit de Milan, les chrétiens représentent déjà à Alexandrie au moins 20 % de la population alors que partout ailleurs (à l'exception d'Antioche bien évidemment où l'on désigne pour la première fois les adeptes de l'école théologique de chrétiens) la foi chrétienne reste très minoritaire.
Il est dès à présent important de rappeler que c'est Ptolémée I, général macédonien d'Alexandre le Grand (celui qui trancha le noeud gordien et qui eu pour précepteur Aristote), qui fut en premier à l'origine de ce "syncrétisme" notamment avec l'introduction du culte de Sarapis en Egypte. Comment ne pas faire un rapprochement entre le Sarapisme et le Sol Invictus ?
Le successeur de Ptolémée I, Ptolémée II Philadelphe, sera à l'origine de la "traduction" grecque de la Bible hébraïque, la Septante, suite à une suggestion du fondateur de la Bibliothèque d'Alexandrie, Démétrios de Phalère. C'est cette même bibliothèque qui devriendra le lieu de naissance de l'école théologique d'Alexandrie, puis au Ve siècle, celui de l'école néoplatonicienne d'Alexandrie.
Selon nous, c'est dans ce creuset qu'il convient de rechercher l'antériorité éventuelle du Pendule de Salomon ou a minima l'antériorité du contexte qui l'a vu naître. Le syncrétisme Egypto-hellenico-judéo-chrétien va se poursuivre dans le cadre de l'école théologique d'Alexandrie qui contrairement à l'école théologique d'Antioche, qui adopta une approche "historico-littérale", va retenir une méthode "symbolique" et nouer des liens importants avec les écoles néoplatoniciennes de Rome et surtout d'Alexandrie qui se sont constituées à partir de l'école des eclectiques (cf notamment Clément d'Alexandrie).
Ainsi si le néoplatonisme fut quelquefois utilisé comme support philosophique du paganisme et comme moyen de défense contre le christianisme, c'est dans le christianisme qu'il obtint la plus grande audience, influençant notamment Augustin d'Hippone. Le néoplatonisme est à ce point rattaché à la chrétienté que l'auteur du Fons Vitae, Avicebron fut pris pour un chrétien alors qu'il était juif. La place du néoplatonisme dans le christianisme est centrale : le pseudo-Denys, fondateur de la théologie négative (théologie apophatique), reprend indirectement le néoplatonisme de Plotin via Proclos. Du Pseudo-Denys, on peut ensuite remonter à Thomas d'Aquin qui le cite comme référence mystique la plus autorisée, mais aussi, quoiqu'indirectement, à la mystique rhénane (Maître Eckard, Tauler, Suso).
Le Chrisme va cependant prendre une sa véritable dimension au IVe siècle de notre ére lorsqu'il va être adopté par l'empereur Constantin et va orner son étendard (laburum).

6 août 2009

Per Me Reges Regnant

Les premiers chrismes connus sont tous postérieurs au premier siècle de notre ère. Si l'antériorité du pendule de Salomon par rapport au ministère du Christ vient donc à se poser, c'est essentiellement le fait des traditions compagnonniques et maçonniques.




En effet, le pendule de Salomon est un symbole compagnonnique important. Ce symbole et le mythe qui y est associé ont été véhiculés par les confréries de métiers et en particulier par les maîtres charpentiers. Rappelons que les Évangiles rapportent que Jésus et son père adoptif Joseph exerçaient cette activité. Ce détail a sont importance : le lien entre les traditions des confréries du bas moyen-âge avec celles des confréries de la haute antiquité est aujourd'hui fort bien documenté. La confrérie des charpentiers a largement pris part à la grande aventure des cathédrales.


Plus tardivement, ce sont essentiellement les compagnons du devoir qui ont été les derniers détenteurs de cette tradition et le pendule de Salomon a été popularisé en 1960 lorsque le roman du maître charpentier Raoul Vergez, "La pendule à Salomon" a été adapté au cinéma.
Les compagnons affirment que les anciens compagnons charpentiers et tailleurs de pierres ont été intronisés par les Templiers, en 1146, sur la colline de Vézelay, en présence de Saint Bernard, abbé de Clairvaux. Celui-ci prêchait alors pour la seconde croisade et tentait notamment de convaincre l'empereur du Saint-Empire romain germanique de s'engager dans la grande "reconquista". Les musulmans avaient en effet déferlés dès 771 sur l'hispanie wisigothique, acquise depuis l'évangélisation de Saint Jacques aux idées d'Arius. C'est donc le symbole de Wulfila qui présidait sur l'Espagne et non celui de Nicée-Constantinople. Selon nous, la redécouverte de cette théologie "hérétique" sera déterminante dans la constitution de l'ordre.
Le royaume des Asturies du moine-soldat Pelayo (qui deviendra par la suite le royaume de Castille) avait déjà engagé la lutte de reconquête.




La vision de St Bernard d'Alonzo Cano (1650) - Musée du Prado (Madrid).




Lors de sa "vision" de la vierge Marie, le Saint aurait eu les lèvres humectées de quelques gouttes du lait mariale, le même qui avait nourri le Christ.



Le lait maternelle est le symbole de la vie éternelle et de la connaissance et cela depuis les grecs. Héraclès buvait déjà le lait de l'immortalité coulant du sein d'Héra (la déesse lunaire aux 3 corps). On a souvent désigné la "pierre philosophale" des traditions hermétiques sous le nom de lait de la Vierge.
Le peintre espagnole montre Bernard de Clairvaux "éclairé" par une fenêtre très symbolique... Le rayon lumineux qui éclaire Saint-Bernard forme un angle droit avec le jet de lait qui part du sein de la vierge.

On ferra un rapprochement osé avec le tablier maçonnique présenté plus bas.

C'est donc à partir de 1146 que les compagnons charpentiers adoptèrent le pendule de Salomon comme "marque" et qu'ils le reproduisirent sur de nombreux édifices religieux, notamment ceux se trouvant sur les routes menant à Saint Jacques de Compostelle (la route partant de Vézelay sera par la suite désignée sous le nom de "via lemovicensis" car passant par le Limousin).





Cette tradition nous permet de préciser plusieurs points importants.

Tout d'abord, il existe une relation clairement revendiquée entre la tradition compagnonnique et l'ordre des Templiers.

On rappellera que le frère de saint Bernard, André de Montbard est l'un des neuf fondateurs de l'ordre du Temple et il en fut le cinquième maître élu. Certains francs-maçons anglais n'hésitent pas à affirmer que les 9 chevaliers fondateurs de l'ordre étaient les descendants des grands prêtres du Second Temple détruit en 70 après Jésus-Christ, les héritiers de la connaissance sacré. Lorsqu'ils rédigeront les rituels des hauts grades, ils feront de cette tradition un élément essentiel de leur mythologie (les 9 maîtres qui se lanceront à la poursuite des meurtriers d'Hiram, l'architecte du temple de Salomon).
Les armoiries d'André de Montbard.
5ème grand maître de l'ordre du Temple, André de Montbard fait partie des 9 fondateurs de l'ordre (dans les hauts-grades de la franc-maçonnerie, ce sont 9 frères qui partiront à la recherche des assassins d'Hiram et les frères maçons de la province Franche-Conté-Bourgogne de la GNLF considèrent André de Montbard comme un de leurs "illustres frères"). Outre la croix templière on trouve les poissons (Ichtus) qui renvoient à la très pythagoricienne "pêche miraculeuse" et au livre de Job.





La destruction est commémoré lors de l'importante fête juive 9 Av, Tisha Beav (תשעה באב) : un véritable déluge qui a fait se retirer la "Jérusalem céleste" hors de porté des humains. Ceux-ci ont été, en quelque sorte, chassés du paradis céleste.
Il est dit en effet que Tisha Beav est également le jour où les éclaireurs dépêchés par Moïse revinrent alarmistes de Jérusalem, ce qui , selon certain, ne permis pas à la parole de Dieu d'atteindre la ville Sainte, la terre promise. Il faudra attendre selon cette version le roi Salomon et l'architecte du premier temple, Hiram, pour que de nouveau la vérité soit présente à Jérusalem.
C'est également ce jour qu'aurait été détruit le premier temple en 586 av. JC, exactement 11 ans après la déportation à Babylone du roi Yehôyakîn, de la noblesse et surtout des artisans (notamment les charpentiers).

C'est également ce jour que la forteresse de Betar aurrait été détruite en 135 ap. JC et en même temps qu'elle, la résistance issue de la révolte de Bar Kokhba.
Il est également dit que c'est ce jour que le Pape Urbain II, en 1095, appela aux croisades et l'on sais que cette première croisade marquera la création de l'ordre des Templiers et peut-être la parole retrouvée par les fouilles entreprises sous le second temple comme l'affirment certains francs-maçons anglais (cf la famille Sinclair et la chapelle de Rosslyn où serait enterré, selon ces francs-maçons, les rouleaux retrouvés sous les ruines du Temple).
Tout cela pour dire qu'il semble exister dans ces traditions un lien sérieux entre le pendule de Salomon, l'histoire du peuple juif et l'idée que, peut-être, le pendule de Salomon est cette parole perdue, celle qui doit permettre à la "Jérusalem céleste" de s'établir de nouveau dans un séjour terrestre.

2- Cet épisode rapporté par la tradition compagnonnique souligne également l'importance de Vézelay, lieu dédié à Marie-Madeleine et donc à Saint-Jean le Théologien (le "frère" de Saint Jacques). Le lien entre les traditions compagnonniques, le pendule de Salomon et l'arianisme du symbole de Walfila est ainsi caractérisé. Vézelay deviendra un lieu de départ important pour le pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle et sur les chemins du célèbre pélerinage, le dit pendule marquait les lieux des enseignements secrets et des initiations.


3- Enfin, l'intronisation des compagnons par Saint Bernard doit nous rappeler que la théologie de celui-ci s'appuyait en grande partie sur le cantique de Salomon et sur la théologie de Saint-Augustin. Or pour celui-ci, le libre arbitre est essentiel et, s'il considère que les juifs n'ont pas à occuper le siège de Saint-Pierre, il a combattu l'antisémitisme et revendiqué la filiation sémite sur le plan spirituel.

Que rapporte donc la tradition compagnonique à propos du pendule de Salomon ?

Il est dit que lorsque le roi Salomon voulut ériger le Temple pour lequel son père, le roi David, avait rassemblé les matériaux, il se trouva devant le fait qu'Israël n'avait pas d'ouvriers qualifiés pour la construction des temples. Il fit donc appel à son voisin Hiram, roi de Tyr.

Hiram avait en effet une grande expérience de la construction des temples : il avait notamment construit celui d'Astarté qui n'est autre que la version phénicienne de la déesse babylonienne Ishtar Astarté est l'archétype de la force cosmique divinisée, déesse de la fécondité. Elle est certainement l'une des plus anciennes et importantes divinités du Moyen-orient. Revenue de la mort avec la connaissance divine, elle est au centre du rituel du "mariage sacré", l'alliance entre l'homme et la divinité. Astarté n'est donc que la version phénicienne (et égyptienne) de la "déesse-mère", la "Grande-déesse" dont les premières représentations remontent aux premiers temps du néolithique et dont Vénus constitura plus tard la version romaine (on retrouve dès maintenant Compostelle et la coquille Saint-Jacques, symbole du pélerinage Templier et de la naissance de Vénus).
Le culte d'Astarté, plus que n'importe quel autre, matérialise le lien existant entre "phénomènes divins" et "phénomènes physiques" au sens moderne du terme.
Ce que recherchait le roi Salomon n'était pas uniquement un architecte capable de lui construire un temple de dimensions finalement assez restreintes pour y accueillir la loi de Moïse. Il recherchait celui qui lui expliquerait l'architecture divine, celui qui lui expliquerait sans doute l'essence des enseignements légués plusieurs siècles auparavant par les patriarches.


Hiram, le roi de Tyr désigna pour conduire les travaux, son architecte homonyme Hiram ou plus exactement Abhiram (serviteur d'Hiram) qui fit appel à des constructeurs de divers pays.


Selon la légende, ces ouvriers ne parlaient pas tous la même langue et Salomon (ou Abhiram selon une version alternative) composa pour eux un diagramme de signes disposés sur un cercle, au moyen duquel, sans se comprendre oralement mais par une utilisation rationnelle des "signes", les ouvriers pouvaient exécuter tous les travaux.
Ce diagramme constitue ce que les Compagnons nomment "La Pendule à Salomon " qui comporte plusieurs figurations associant les trente-deux signes de l'alphabet des charpentiers, rangés en cercle, associé à un centre orné d'une croix ou le plus souvent d'un chrisme. Les compagnons utilisaient ce diagramme comme un code pour crypter leurs connaissances et leurs savoirs faire. Par extension, on appelle donc le chrisme central du nom de "pendule de Salomon".
De cette tradition, il faut retenir que c'est de la création de l'alphabet et de la langue sacré dont il est question (l'alphabet phénicien sera à l'origine de l'alphabet paléo-hébraique). Cette langue et son "mode d'emploi" (le pendule central) doivent permettre de traduire la vérité et de reconstituer l'unité perdue dans l'incompréhension.
C'est le thème de la très biblique tour de Babel. Il s'agit là d'une question épistémiologique essentielle : comment le sujet plongé dans le tout peut-il renouer avec l'unité perdue (l'axe du Monde, la tour de Babel) et exprimer ainsi la vérité ?

La légende d'Hiram est au coeur de la tradition maçonnique que ce soit pour les 3 premiers grades des loges bleues que pour les 31 haut-grades accessibles après 3 ans de maîtrise.

Selon la légende maçonnique, Hiram a été assassiné par 3 mauvais compagnons, et depuis ce terrible jour, les mots ont été substitués (celà rejoint la question épistémiologique précédemment évoquée). *

La construction du temple est ainsi le mythe fondateur de la maçonnerie. Le meurtre rituel d'Hiram évoque le 9 Av et ce sont, comme chez les Templiers, 9 maîtres qui se lanceront à la poursuite des meurtriers du premier Maître.




Tablier d'Elu en soie du 18ème siècle : 9ème grade REAA "Elu des neufs".

Le poignard et l'os forme un pendule de Salomon; l'horizontale ou la verticalité apparaissent de 2 façons : l'hypothénuse de l'équerre et la chute des dents de la machoire inférieure du crâne. La "machoire manquante" est évoquée par le triangle isocèle du nez et par les 9 larmes. En dessous on a les branches d'accacia qui symbolisent le buisson ardent de Moise.
L'Orient de Grenoble de la Grande Loge Nationale Française reprends ce symbole comme emblème. Au centre se trouve le chrisme dans sa forme la plus habituelle qui associe les lettres grecques chi (X) et rho (P) et de part et d'autre les premiére et dernière lettres de l'alphabet grec : alpha (A) et oméga (W). Cependant, ces lettres sont alors utilisées dans leur forme "majuscule", ce qui n'est pas le cas le plus fréquent pour l'oméga pour les pendules de Salomon les plus anciens. L'alphabet compagnonnique est évoqué dans l'emblème maçonique par la division d'un cercle périphérique en trente-deux segments que l'héraldique nomme " Compons".






La devise de la loge, "Per Me Reges Regnant" (Par Moi les Rois Règnent) est tirée du Livre des Proverbes de l'Ancien testament, le "Mishlei" משלי dans le "Ketouvim", la troisième section du Tanakh après la Torah et les Nevi'im.

"Mishlei" signifie litéralement "Paraboles" (la notion de parabole est pour nous d'une importance capitale dans la compréhension du pendule en tant que composé du cercle et du carré : on sais au moins depuis Archimède de Syracuse que sa quadrature est possible). La tradition attribue généralement sa rédaction au roi Salomon lui-même.


"Je suis la sagesse, ma demeure est le discernement et je possède la science de
la réflexion" (Proverbes 8,12)

" La crainte de l'Eternel, c'est la haine du mal, de l'arrogance et de l'orgueil. La bouche perverse, voilà ce qu'il faut haïr" (Proverbes 8,13)


"Le conseil et le succès m'appartiennent; Je suis l'intelligence même et la force est à moi" (Proverbes 8,14)



"Par moi les rois règnent et les princes ordonnent ce qui est juste" (Proverbes 8,15)



Cette devise était celle inscrite sur la couronne de l'empereur du Saint-Empire Romain Germanique avec l'inscription "Rex Salomon".

La lecture du "Mishlei" nous permet ainsi d'éviter l'erreure de Jean-Jacques Rousseau qui ne voyait dans ce "Per me reges regnant" qu'un instrument de domination alors qu'il incarne la sagesse même, la "loi naturelle", qui devait inspirer les rois et dont la compréhension devait en légitimer l'oeuvre et par extension celle des hommes dans le cadre de l'idéal maçonnique (la réalité de la pratique est souvent hélas très différente !).


Par ce symbole il est question de "l'intelligence même", de "discernement", de la "science de la réflexion". C'est donc certainement dans ce sens qu'il faut entendre la devise "In hoc signo vinces" (IHS), "Sous ce signe tu vaincras " du chrisme de l'étendard (laburum) de l'empereur Constantin I.