« Si veritas a perito lectore nostris voluminibus
requiratur, in hujus codicis serie, amputato esitationis scrupulo, secure
intelligatur. Que enim in eo scribuntur, multi adhuc viventes vera esse
testantur ».
« Si le lecteur instruit recherche la vérité dans
nos ouvrages, qu'il aborde ce livre sans hésitation ni scrupule, il est assuré
de l'y trouver, car le témoignage de bien des gens encore vivants atteste que ce
qui y est écrit est vrai »
Liber Sancti Jacobi – V livre – XIIème siécle

Le roi Salomon, le Trois Fois Puissant Maître, avait placé la clé d'ivoire au panneton frappé d'un Z, sur la première page du livre des Rois. Un ami, franc-maçon, m'avait déjà instruit de cette clé qui devait ouvrir le livre de la vie. Elle devait un jour me permettre de déverrouiller la serrure que de la papesse, la seconde carte du Tarot, celle qui arborait le livre de chair au sein de son giron.

Un demi de tour à droite ou à gauche suffit pour transformer alors le TAROT en TORAT Le problème est que ce palindromme est inextricable. C'est comme pour la somme 9801 + 1089 = 10890 : le zéro du résultat doit-il être placé à la droite du 9 ou à la gauche du 1 ? Si l'on acquiert la maîtrise de l'ordinalité et de la cardinalité alors on obtient la parfaite maîtrise. Clic-clac ! Déverrouillée la Torah, la loi révellée au scribe Moïse dans le désert du Sinaî...
Salomon se tenait à l'orient et était assisté pour le rituel d'Adoniram, le Premier Maître Secret, l'ancien inspecteur du Premier Maître Hiram-Abif, l'architecte phénicien du Temple.
Adoniram surveillait le rituel, car depuis l'assassinat d'Hiram-Abif par Trois Mauvais Compagnons les mots avaient été substitués : le silence n'était plus celui du profane ou de l'apprenti, mais bien celui de la maîtrise : un silence qu'il convenait de remplir par la maîtrise secrête, le 4 grades de la franc-maçonnerie, premier haut-grade du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
Le Premier d'entre les maîtres, primus inter pares, s'était retiré et après la maîtrise des outils, il fallait maîtriser le Verbe, incarner la Parole Perdue d'Hiram-Abif. En effet, rien ne sert d'avoir un espace de liberté nouveau sans savoir avec quoi le remplir...
Nous étions à l'intérieur du temple, le Hekal, délimité par 16 colonnes, décoré pour l'occasion de tentures noires parsemées de larmes d'argent groupées par 9 en signe de deuil.
La partie la plus centrale du Temple, le Saint des Saints, le débir (en hébreu : דביר), était délimité par des balustrades. A son entrée un voile noir et transparent était tendu. Cela rappelait le « second voile » de l'ancien tabernacle, la Tente de Rencontre (en hébreu : אוהל מועד) des premiers hébreux, tente avec des piquet en bois d'acacia comme le buisson ardent...
Le temple lui était essentiellement fait de cèdres du Liban comme l'arche construite par Noé. C'est là, dans le débir, que devait se placer selon le livre de l'Exode, l'Arche de l'alliance, réceptacle ultime de la loi divine révélée à Moïse dans le Sinaï. Elle aussi était en bois d'accacia.
En lieu et place de l'arche se trouvait en l'état le trône, la demeure terrestre, la mishkan (en hébreu : משכן) de l'imprononçable YHWH entendu de Moïse.
A l'orient du Temple, on avait placé pour le rituel un grand cercle d'or, un cercle solaire, à l'intérieur duquel se trouvait un triangle isocèle de couleur sang. Il manquait un second triangle pour retrouver le sceau de Salomon. La mort d'Hiram-Abif avait cependant laissée au YHWH centre du Triangle de sang l'étoile flamboyante à 5 branches frappée de la lettre G, le G du Géométre, de la Gnose, du Gnomon et du Grand Architecte de L'Univers (G.A.D.L.U).
Le compas et l'équerre symboles des francs-maçons :
L'équerre désigne l'incommensurabilité de la diagonale du carré avec le coté (la racine de 2 est un nombre irrationnel 1,4142...) et le compas l'incommensurabilité de la circonférence du cercle et du diamètre (le nombre Pi est un nombre irrationnel 3,1415...). "Voir la quadrature du cercle", c'est comprendre que Pi est un irrationnel d'un autre type que la racine de 2, un irrationnel non-algébrique, un nombre transcendant. Le G vient compléter l'incompletude et donc réaliser la quadrature !
Pénétrer enfin dans le Débir en accédant aux hauts-grades après 3 ans de petite maîtrise en loge bleue. Dans le vrai temple, seul le Kohen Gadol y avait accès, une fois par an, à l'occasion de la fête de Kippour.
Salomon : « Adoniram, êtes-vous Maître Secret ? »
Adoniram : « Trois Fois Puissant, j’ai passé de l'Equerre au Compas, j’ai vu le tombeau vide du Maitre Hiram Abif et j’ai versé avec mes frères et le plus sage, le plus puissant des rois, des larmes sur celui-ci »
Salomon : « Quelle heure est-il ? »
Adoniram : « L’éclat du jour a chassé les ténèbres et la grande lumière commence à paraître dans cette Loge ».
Salomon : « Puisque la grande lumière paraît dans cette Loge et que nous sommes Maitres Secrets, il est temps de commencer notre ouvrage; avertissez que je vais ouvrir la Loge »
Après une batterie de 7 et le signe du silence, la Loge était ouverte par le Trois Fois Puissant Maître. Puis Adoniram avait fait son rapport sur les mérites du récipiendaire avant son introduction dans la loge de perfection.
Un voile noir couvre sa tête et sur le front, une équerre d'argent. La corde qu'il porte au cou est une corde à nœuds : il se souvient alors des temps profane, le jour de son entrée en maçonnerie où la corde au cou, un bandeau sur les yeux, il était passé par la porte étroite : le chameau souhaitant passer par le chas de l'aiguille... Le jour de la maîtrise il avait été relevé par les 5 points comme un "pendu dépendu", comme celui de Compostelle : il avais entendu le chant du coq aperçu dans le cabinet de réflexion où, encore profane, il avait rédigé son testament philosophique. Arrêter le sablier, qui ne l'a jamais souhaité...
Le cabinet de réflexion :
On y trouve le fameux VITRIOL hermétique, Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem soit Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. Trouver le centre réel grâce à la persévérance mais également la vigilance qui permettra de rectifier les apparences. Séparer l'ame (soufre) de la matière (sel) pour y trouver l'esprit (mercure). La lumière du jour (la pierre philosophale) pourra apparaitre alors dans la loge, après la purification des trois constituants, le coq chantera sa venu et le sablier sera arrété (la faux n'est-elle pas le Zayin du pendule de Salomon ?).
La division du pain et le vin, permettant de remplir les 2 Graal (les colonnes Salomoniques ?) : on trouve le soufre alchimique à gauche et le sel à droite Le Mercure est le lien qui permet de relier le Soufre au Sel dans le Magnum opus, le Grande œuvre ou Art royal.
Il convient de rappeller que l'alchimie occidentale trouve ses origines dans l'Égypte hellénistique des Ptolémées entre -100 (avec Bolos de Mendès) et 300 (avec Zosime de Panopolis).
Salomon : « Vous n’avez vu, jusqu’ici que le mur épais qui couvre le Saint des Saints du Temple; votre fidélité, votre zèle et votre constance vous ont mérité la faveur que je vous accorde en ce moment. Je vais vous montrer un trésor; je vais vous introduire dans le lieu du Saint des Saints »
Là est le serment des maçons et des Maîtres-secrets et notamment, celui désormais vide de sens, de ne jamais s’entretenir de maçonnerie qu’avec ceux qui ont été régulièrement reçu. Mais le risque est grand : il faut être certain de ses motivations. Le profane peut-être élu : par la suite le risque d'oublier que le corps du Christ n'a pas été livré que pour quelques uns est trop important pour être écarté en quelques heures de réflexion.
Comme le disent les Bouddhistes, le plus grand des dons est le don du Dharma et c'est pourquoi Moïse a institué la birkat ha-zan (en hébreu ברכת המזון), la bénédiction de "Celui qui nourrit". La connaissance ultime est libre de droits : après la fraction du pain, l'espace de liberté nouvellement dégagé peut être rempli de la Manne qui la veille du sabbat tombe en quantité double (la traduction de le'hem par "pain" est en effet un peu rapide).
Salomon : « Mon Cher Frère, je vous reçois Maître Secret ; je vous mets au rang des Lévites... ».
Désormais, la clef d’ivoire était suspendue par un ruban bordé de noir au cou du nouveau Maître secret. Le mot de passe m'avait été donné : ZIZON comme la balustre, la planche à tracer, le Z de la clé d'ivoire. Puis l'instruction s'était poursuivie avant l'entrée dans le Débir et l'interrogatoire du Trois Fois Puissant Maître.
La Balustre ou ZIZON
La balustre est l'autre nom de la grenade. On affirme que les grenadiers poussaient déjà dans les jardins suspendus de Babylone. Signe de fertilité, la balustre était un des attrribus de Vénus-Aphrodite. On retrouve ce fruit sur les colones du temple de Salomon (d'où plus tard le mot balustrade). Au-delà du symbole de la fertilité c'est le signe de la connaissance cachée, de l'imortalité. Le premier grenadier est censé avoir été planté par Vénus-Aphrodite et Hadès, le dieu des Enfers. Pour avoir consommé six grains de grenade, Perséphone sera destinée à rester six moix de l'année avec Hadès aux Enfers et six mois de l'année avec sa mère, Démeter. Il y a lieu de faire un rapprochement avec le fruit défendu : les Romains, en effet, la connaissaient grâce aux Carthaginois d’où son nom latin de pomme punique (malum punicum). De même, Le cantique des cantiques établi la comparaison entre les seins d'une femme et le fruit du grenadier. On comprend donc le lien avec le lait de la Vierge évoquée précédemment. Par la suite on comprends mieux pourrquoi la grenade est le symbole de la passion du Christ.
Pour les francs-maçon, la balustre désigne la table à tracer (euclidienne mais suspendue !). Le nom de ZIZON est certainement à raprocher du ZIZ, le phénix des hébreux. On trouve comme pour le phénix des grenades ignée (INRI).
Salomon : « Avez-vous apperçu quelque chose en entrant dans le St des Saints ? »
Le Maître sercret : « Des marques évidentes de la présence de Dieu »
Salomon : « Avez-vous remarqué quelque chose de particulier ? »
Le Maître sercret : « J’ai aperçu un Triangle dans un grand cercle au centre duquel était une étoile flamboyante qui m’a ébloui avec un saint respect ».
Salomon : « Que signifie la lettre qui est au centre ? »
Le Maître sercret : « Quelque chose au-dessus des forces humaines que je ne puis prononcer : le grand et ineffable nom du Grand Architecte de L'Univers que Moïse avait entendu sur le Mont Sinaï et aussi neuf autres caractères, les neuf noms donnés à Moïse sur le mont Sinaï »
Le Maître sercret donnait alors le noms de ces "idéalités platoniciennes" provenant selon le rituel de « l’alphabet des anges » et de « l’arche cabalistique ».
Salomon : « Où était placé l’arche d’alliance ? »
Le Maître sercret : « Dans le milieu du Saint des Saints, sous l’étoile flamboyante ».
Salomon : « A quoi se réfèrent l’arche d’alliance et l’étoile flamboyante ? »
Le Maître sercret : « Comme l’arche d’alliance est le symbole de l’alliance que le G.A.D.L.U fit avec les hommes et qu’elle fut mise sous l’ombre des ailes des chérubins, de même le cercle d'or qui renferme le triangle de sang avec en son centre l’étoile flamboyante est l’emblème des es francs-maçons ».
Salomon : « De quelle forme était l’arche d’alliance ? »
Le Maître sercret : « Un carré-long »
Salomon : « Quel était le nom du Saint des Saints ? »
Le Maître sercret : : « Le débir, c'est-à-dire La parole, parce que le G.A.D.L.U y résidait »
Salomon : « Comment y accédait-on ? »
Le Maître sercret : « Par un escalier, en forme de vis, par lequel on montait par 3, 5, 7 marches... On l’appelait coquille parce qu’il avait-la forme d’un limaçon. Il n’y avait qu’une porte étroite à l'orient »
Salomon : « Quel âge avez-vous ? »
Le Maître sercret : « Neuf ans accomplis »
Adoniram avait alors annoncé que c'était la fin du jour et que Salomon allait fermer la Loge par « les nombres mystérieux ».
Voilà le rituel de la parfaite Maitrise : après avoir vu la quadrature en loge bleue, les hauts-grades doivent permettre de remplir l'espace de liberté de cette Manne, ce "sang royal" (le Saint Graal de la légende Arthurienne). Le Zayin de la clé d'ivoire, c'est la lance Koukouana d'Allan Quatermain (son nom est sans équivoque). Zayin, la 7ème lettre de l'alphabet hébraïque et phénicien, ignifie en effet la lance ou le javelot.
Cette lance, c'est celle de Longinus le centurion, qui a percé le flanc droit de Jésus et qui fît que que celui-ci devînt le Christ et sa passion une crucifixion en lieu et place de son supplice de crucifiement. C'est cette lance qui signe sa résurrection ou au moins témoigne de sa survie. Saint Jean est formel sur ce point et n'importe quel médecin légiste vous le confirmera !
Jésus n'eut pas les jambes brisées pour parachever son exécution. Quand le légionnaire Longinus lui perça le flanc avec sa lance, sa longin, il en sorti du sang et de la lymphe et il en conclu que le nazaréens était mort. Pour cette négligence, il sera sanctifié !
L'éponge imbibée de vinaigre et d'extrait d'hysope fera le reste. L'hysope est un tonifiant aux vertus expectorantes, antipyrétique, diaphorétique et antibiotiques. Le vinaigre quant à lui est un puissant antiseptique. On raconte qu'Antoine Maille réussit à stopper l'épidémie de la Grande Peste de 1720 à Marseille avec son « vinaigre des quatre voleurs ». Par la suite la Maison Maille va devenir le vinaigrier-distillateur officiel des majestés impériales d'Autriche et de Hongrie, du roi de France en 1769 et de Catherine II de Russie. On dit également qu'à la même époque à Paris, on utilisait aussi le vinaigre pour purifier l’eau de la Seine avant de la boire !
Sur une enluminure de l'évangéliaire syriaque de Rahula daté de 586, là où le nom de Longinus apparaît pour la première fois, on peut remarquer comment la Sainte Lance à droite et l'éponge imbibée de vinaigre au bout d'une branche d'hysope à gauche, forment une croix de Saint André. Avec un peu d'imagination, les montagnes de l'arrière plan venant renforcer l'effet, on reconnaît le symbole du Chrisme que l'on retrouve sur les sarcophages des premiers chrétiens. Le Christ est accompagné dans sa passion par les 2 larrons : Gestas et Dismas. Au pieds de la croix, 3 hommes : ne serait-ce pas les trois mauvais compagnons, les assassins d'Hiram abif ?
Pas besoin en effet de style pompeux ni de grand mots pour en faire un roman. Et même plusieurs !
Ainsi en est-il du roman des reliques de cette Sainte Lance. Ainsi, l'une d'entre elles servait lors du rituel de sacrement des empereurs su Saint Empire Romain Germanique et offrait, dit-on, à celui qui la détenait le pouvoir de régner sur le monde. Ce pouvoir était précisé dans la Chanson de Roland :
« Nous avons fort à dire sur la lance
Dont Notre Seigneur fut blessé sur la
Croix.
Charles, grâce à Dieu, en a la pointe.
Il l'a fait enchâsser dans
un pommeau d'or. ;
En raison de cet honneur et de cette grâce,
Le nom de
Joyeuse fut donné à l'épée.
Les barons français ne doivent pas l'oublier :
C'est de là que vient « Montjoie », leur cri de guerre ;
C'est pourquoi
aucun peuple ne peut leur résister. »
On a affirmée que l'épée qui servait également au sacre des rois de France était bien la fameuse Joyeuse de Charlemagne. En tout état de cause les Autrichiens ne prirent aucun risque et pour éviter que Bonaparte ne s'en empare en 1800, ils la confièrent au baron von Hügel pour la cachée sougnieusement à Vienne avec les autres regalia impériaux, les fameux Reichskleinodien.
Mais si Bonaparte ne s'emparra jamais de la Lance sanglante, Adolf Hitler n'attendit pas pour s'en emparer en 1938 après l’Anschluss. Le fuhrer connaissait les pouvoir supposé de la Lance, son compositeur fétiche, Richard Wagner, l'ayant placé, après le
Liber Sancti Jacobi, la Chanson de Roland et Chrétien de Troyes, au coeur de son ultime opéra Parsifal.
Parsifal n'est pas une oeuvre maçonnique : bien qu'élevée dans un mileu maçonnique, la candidature de Wagner à la loge bayreuthienne fut écartée. Cependant, comme aboutissement ultime de la mystique wagnérienne, Parsifal avait convaincu celui qui comme son dauphin Rudolph Hess était grand maître de l'ordre secret munichois Thule-Gesellschaft, du pouvoir de la Lance sanglante et de l'usurpation "criminelle" des juifs et des francs-maçons... Il n'en fallait pas plus à un esprit malade... Hitler dissimula la relique dans un bunker de Nuremberg et ce fut l'un des premiers objectifs des troupes Américaines lorsqu'elle entrérent dans la ville sous les ordre du général Patton en 1945. La sainte Lance fût alors restitué aux autrichiens.
Certain affirmeront plus tard qu'il ne s'agissait que d'une copie. Mais cela importait peu car déjà une expertise de cette relique faite au début du XXe siècle avait conclu qu’il s’agissait en fait d’une lance lombarde postérieure au VIIIème siècle.
Quoiqu'il en soit, en 1945 son pouvoir symbolique était tel que le Général Patton, peu soupçonnable de mysticisme, était convaincu d'avoir été Longinus dans une vie antérieure et il en témoigna dans un poème : Through a glass, darkly...
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